Pourquoi je “ruine”auteurs et éditeurs…. et ce que vous y pouvez faire :-)

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Bonjour à tous,

Suite à mon dernier article sur les éditeurs j’ai été inondée de mails et de remarques fb, en majorité positives et/ou constructives mais aussi, hélas pas mal de remarques désagréables qui m’ont conduite à écrire ce nouveau billet d’humeur.

Pour résumer les messages négatifs, mon refus des ebooks est totalement illogique économiquement, écologiquement, arriéré technologiquement, sans compter que c’est un profit manifeste envers les pauvres éditeurs et auteurs désargentés.

Aujourd’hui parlons de moi et de mon “pas d’ebooks” qui semble irriter beaucoup de gens.

En effet, vous constaterez que sur ma page “partenariat” il est précisé que je ne prends pas d’ebooks. Il est donc temps que je m’explique.

Pour commencer sachez que je ne suis pas réfractaire à la technologie, loin de là, mais il semble encore que beaucoup d’auteurs et d’éditeurs ne comprennent pas que l’édition est un métier et que ce métier regroupe un grand nombre de domaines du commercial au graphisme en passant par l’étude de textes, les médias, la comptabilité et j’en passe certainement. On tape sur les éditeurs (moi la première sur certains) mais on oublie souvent que lorsque celui-ci édite un auteur il prend un risque financier qui, à chaque fois, a des répercussions importantes sur l’avenir même de la boîte et sa réputation. De ce fait un bon éditeur est un éditeur difficile. C’est un fait. des fois trop pour certains certes. Encore une fois, je le dis, éditeur est un métier et franchement je ne le serai jamais un jour.

Du coup que s’est-il passé ? On a d’une part certaines petites maisons d’éditions qui, passionnées par le métier, se sont dit qu’en ne faisant que des ebooks elles minimiseraient les risques et donneraient plus de chance à certains auteurs de se faire publier et d’autre des petits malins qui ont cru qu’il suffisait de numériser quelques livres et de les diffuser pour devenir éditeur et quand je parle de petits malins je parle aussi des écrivains mais on y reviendra. On trouve maintenant des éditeurs près à publier tout et n’importe quoi tant que c’est “à la mode” sans trop se soucier de la qualité de l’écrit.

Malheureusement ce sont ceux de la seconde catégorie qui se développent le plus et pour cause, leur politique sur les ebooks est différente car ils jouent sur la quantité vs la qualité.

Passons aux auteurs à présent. Depuis que l’autoédition s’est développée je suis au regret de dire que là aussi la quantité est largement supérieure sur la qualité. Beaucoup croyant qu’il suffit de tenir un stylo pour être écrivain nous pondent tout simplement des horreurs impubliables et vont ensuite s’en prendre aux éditeurs (et aux bloggeurs qui les critiquent) de ne pas être publiés. Ils décident donc par facilité de s’autoéditer mais n’ayant déjà pas des compétences d’auteurs je vous laisse imaginer ce qu’il en est pour les autres… Ils noient donc dans la masse les auteurs autopubliés qui ont, eux, un plan marketing bien précis et une œuvre qui tient la route. Ils oublient que comme le métier d’éditeur, le métier d’auteur ne s’improvise pas. C’est pour cela que je ne pense pas être jamais un auteur un jour.

Lorsque j’ai créé mon blog j’ai été envahie d’ebooks dont, pour être généreuse, 90% étaient mauvais. Certes c’est avec plaisir que je lis mais pendant que je lis de la mauvaise littérature les bons auteurs, eux, attendent sur ma PAL. ce n’est pas juste.

De plus, beaucoup d’auteurs et de pseudo éditeurs pensent qu’il suffit d’un logiciel de conversion de pdf, d’une couverture bon marché et ca suffit pour faire un ebook. C’est loin d’être le cas. Les éditeurs réellement spécialisés  vous diront que fabriquer un premier ebook coûte déjà la bagatelle de 1 500 euros et quand je parle d’un vrai ebook je parle d’un ebook qui ne bloquera pas votre liseuse, qui sera agréable à lire, qui contiendra les dernières technologies pour apprécier l’écriture et une couverture digne de ce nom. De toute façon il est facile de reconnaître un bon éditeur d’ebook d’un mauvais : si à part la sensation du papier vous ne pouvez pas faire la différence entre un ebook et un livre papier alors vous avez à faire à un professionnel.

Pour les mauvais auteurs les ebooks sont tout bénef. Ils écrivent, convertissent, contactent fiverr ou un autre service de couverture pas cher et hop… on publie avec la complicité d’Amazon qui se fout bien de la qualité tant que ça se vend (ou sinon ils le virent des rayons) et autres plateformes aussi peu regardantes car ce n’est pas leur métier.

Là aussi il est facile de faire la différence entre un mauvais auteur et un auteur qui publie sur ebook car désargenté : le premier publie et oublie, le second va, souvent, pendant la création de son livre réfléchir, prendre des fois des années avant de publier, prendre l’avis de nombreux béta lecteurs puis publier en ebook mais toujours dans l’optique que, si ca marche un peu, il publiera en papier soit en autoédition soit avec un éditeur. Pour un bon auteur d’ebook, le livre papier est un rêve qui sera accessible un jour quand son ebook, dont il est déjà très fier, se vendra suffisamment pour couvrir les frais d’édition.

Au début donc de ce blog j’acceptais tout. Vous étiez un nouvel auteur je prenais. Et j’ai commencé à recevoir des fichiers qui bloquaient ma tablette, des fichiers dont l’écriture était tellement petite qu’il fallait une loupe mais qui n’étaient pas technologiquement adaptés pour l’agrandissement de caractères etc… j’ai acheté une liseuse puis deux car bien sûr même si on pouvait convertir les formats, quand un ebook est mal conçu à la base vous pouvez toujours le bidouiller comme vous voulez ca ne change rien. Quand j’ai reçu des messages d’éditeurs qui me disaient que je n’avais qu’à demander un pdf numérique (preuve déjà que l’éditeur en question ne s’y connais absolument pas en la matière), d’auteurs qui me disaient “c’est ca ou c’est rien” et qu’il me fallait des fois passer 10 minutes à configurer ma liseuse pour lire j’ai dit STOP. Trop c’est trop. Ce n’est pas à moi à m’adapter à un produit illisible mais à l’auteur et à l’éditeur à s’adapter à sa clientèle.

Voilà pour les remarques sur mon manque de souplesse technologique. Passons maintenant à la partie économique.

Comme je vous le disais ci-dessus il existe un nombre (peu important hélas) d’éditeurs qui ont fait leur métier du numérique et le font bien. Il existe aussi un nombre d’éditeurs qui ne sont pas dans le numérique à la base, qui proposent leur livre en numérique et en papier. Ces deux types d’éditeurs sont un bon choix quand il s’agit d’ebooks car ils connaissent leur métier même si à la base leur politique est différente.

En ce qui concerne ces éditeurs je n’ai JAMAIS refusé un ebook quand ils ne pouvaient pas faire autrement parce que je savais que ce n’était pas un manque de respect envers moi et qu’ils mettaient souvent autant de travail dans la création de leur ebook que d’un livre papier. Pareil pour ces auteurs qui ont vraiment crée un bon travail mais, faute de moyen publient uniquement en ebook.

J’ai aussi le plus grand respect pour les éditeurs qui me disent ouvertement qu’ils m’envoient un ebook parce qu’ils ne me connaissent pas et souhaitent d’abord pouvoir me faire confiance avant de me fournir des livres papiers. Ca s’entend bien que la majorité me font confiance d’office, je ne prends pas çà pour une insulte.

J’ai cependant du mal avec les éditeurs qui forcent l’envoi d’un ebook alors qu’ils ont une version papier disant que c’est pour raison économique pour la raison suivante : la plupart pensent que mon blog n’a pas d’impact économique or en ce qui me concerne il me prend plusieurs heures par jour car outre les lectures que mes plumettes et moi chroniquent, je dois gérer plus d’une dizaine de réseaux sociaux, faire de la veille informative (donc lire beaucoup de journaux), aller dans des salons, contacter des gens et bien sûr fournir les plumettes et moi-même de livres à lire. Ceci bien sûr en sus de mon travail.

C’est mon choix car je souhaite que mon blog soit une véritable passerelle entre le lecteur et les nouveaux auteurs mais aussi un encouragement pour les bons auteurs (et quelque fois aussi un coup de pieds où je pense pour les autres). Le business d’un auteur et d’un éditeur est de vendre des livres, mon business est de savoir que quelqu’un qui a lu une de mes critiques a acheté un livre et n’a pas dépensé son argent pour rien, qu’un éditeurs a pu avoir x ventes grâce à celle-ci ou qu’un auteur a pu avoir plus de visibilité compte tenu de la quantité astronomique de bouquins plus ou moins bons qui envahissent le marché. Mais pour cela donc, il me faut beaucoup de temps, d’énergie et d’argent. Comme l’auteur et comme l’éditeur.

Approximativement à ce jour mon blog me coûte entre l’hébergement, les logiciels de gestion de réseaux sociaux et les livres achetés près de 50 euros par mois au minimum.

Car oui j’achète des livres et pas n’importe lesquels justement.

J’achète les livres de ces auteurs qui sont bons, très bons, mais ne peuvent vraiment se permettre d’envoyer des SP ou qui ont fait l’effort de faire publier leur livre en papier mais sont à l’euro près. Non, je ne leur fait pas l’aumône. Souvent ce sont d’excellents auteurs et c’est justement parce que je veux être parmi les premières à les avoir découvert que je le fais. D’ailleurs vous constaterez que sur mes critiques JAMAIS je n’indique si le livre est un SP ou pas (ce qui fait qu’on m’a envoyé un joli email d’insulte en me disant que je profitais des auteurs, la personne étant persuadée que tous les livres chroniqués était des SP…).

En matière d’ebooks j’en ai acheté une petite centaine depuis le mois d’août.

Néanmoins j’aimerais quand même savoir pourquoi est-ce que la plupart du temps ce sont les petites maisons d’édition (et donc celles qui ont le plus petit budget communication) et/ou celles qui sont certaines de la qualité de leurs auteurs qui se font une joie de m’envoyer des livres papiers (hors bien sûr les éditeurs dont à la base c’est leur politique commerciale comme les maisons d’éditions numériques).

Voilà pour la raison économique, passons au fait que je “profite” des auteurs et des éditeurs en demandant des livres papiers.

Mon blog est pour moi une forme de sacerdoce, c’est vrai. Un sacerdoce qui coûte cher mais je considère que c’est mon droit le plus absolu de préférer les livres papiers.

Je n’abuse pas de ce privilège puisque les SP comptent pour à peu près 10% de mes livres critiqués. Je ne considère pas non plus les éditeurs ou les auteurs comme des fournisseurs de livres gratuits et ce n’est certainement pas moi dont on pourra dire que j’ai vendu un jour un SP.

Je ne vole personne bien au contraire puisque je fournis (mais ca c’est à vous de me le dire) des chroniques sérieuses et pas des “j’ai kiffé”. A vous de voir si mon blog mérite ce “caprice” ou pas. Ou pour parler plus économiquement si avec mon blog votre R.O.I est assez intéressant. Encore une fois ce n’est pas à moi de décider et je n’en prendrai certainement pas ombrage.

Par contre je voulais vous informer d’une chose à laquelle vous n’avez pas pensé (en fait très peu d’auteurs ont eu l’idée de me le demander), je n’ai absolument aucun problème à accepter les livres qui ne sont pas “la dernière version commercialisée”. Si votre livre comprend encore quelques coquilles (seulement quelques on est d’accord), si un petit défaut de celui-ci vous oblige, vous éditeur, à le mettre au pilon SURTOUT n’hésitez pas à me le proposer ! Ca ne change rien à la qualité de l’œuvre pour moi et, comme je le disais, je ne revends jamais de SP, c’est un point d’honneur.

Cependant dans ce cas je vous demanderai juste une faveur : une petite dédicace de l’auteur (ou même de l’éditeur !) car du coup je pourrais m’imaginer que ce livre que vous avez pensé jeter à la poubelle ou la broyeuse deviendra ainsi pour moi un livre rare (car non commercialisé) juste dédicacé pour moi et que je serai la seule à l’avoir. Comme disent les américains “la poubelle des uns devient le trésor des autres”. Est-ce être une profiteuse ? Je vous laisse juge.

 

 

 

3 thoughts on “Pourquoi je “ruine”auteurs et éditeurs…. et ce que vous y pouvez faire :-)

  • Coucou !
    Je viens donc jeter un coup d’œil au coup de gueule dont tu parlais 😉 Il y a beaucoup de choses justes, mais d’autres pour lesquelles je te trouve assez “dure”. J’ai peut-être mal compris certaines choses, alors je vais te donner mon ressenti ! 🙂

    Par exemple, le fait que certains auteurs ont un plan marketing précis et un livre qui tient la route, et qu’ils sont noyés par de mauvais auteurs. Personnellement, je n’avais pas réellement de plan marketing, j’ai préféré arriver comme j’étais, moi-même, discuter avec tout le monde et ne pas penser “tactique” à tout prix. D’ailleurs je n’ai jamais étudié le marketing, alors… Et pour ce qui est du livre qui tient la route, là c’est plutôt une question de goût à mon sens. Certains trouveront que tel livre tient très bien la route, d’autres se demanderont comment ils ont réussi à le terminer ! Il n’y a pas d’avis universel, certaines choses dépendent uniquement du ressenti, de la personnalité et des goûts de chacun. Heureusement, d’ailleurs ! 😉 Donc le fait de ne pas rassembler ces 2 qualités au yeux de quelqu’un ne fait pas de nous, tout de suite, un mauvais auteur !

    J’ai tiqué sur autre chose : le déroulement apparemment “facile” pour un auteur qui ne veut pas s’embêter. Ecrire, convertir, fiverr pour la couverture et hop sur amazon ! Alors, ça paraît simple comme ça, mais ça ne l’est pas du tout. Mais alors pas du tout ! Ecrire, premièrement, demande quand même beaucoup de travail, de précision, d’organisation, de cœur ! Convertir… Si tu savais comme j’ai galéré 😉 j’ai mis deux semaines avant d’obtenir l’ebook parfait, et encore, je ne suis pas sûre qu’il le soit vraiment ! J’ai fait de mon mieux, je me suis renseignée, j’ai converti avec plusieurs logiciels pour comparer la qualité et choisir le meilleur. Vraiment, juste convertir n’est pas si simple que cela, surtout pour un auteur qui adore écrire mais qui n’a jamais baigné dans ce genre de système ! Ma couverture a été faite grâce à une adorable illustratrice trouvée sur Fiverr, justement, et j’en suis très contente. Je lui ai demandé plusieurs illustrations, révisions, jusqu’à ce que je sois satisfaite et que je me dise “ça y’est… c’est la bonne !” . Ce n’est pas une honte de chercher des services pas chers tant qu’on ne prend pas la première illustration venue (si on accepte le premier vieux montage qui n’a rien à voir juste pour ne pas débourser davantage, là en effet, on ne respecte pas notre propre roman…) ! Tant qu’on est sérieux et droit dans ses bottes, y a rien à craindre niveau qualité :). Et ensuite, j’ai publié sur Amazon et Lulu, la partie la plus “facile”, quoi qu’un peu alambiquée par moments, mais qui arrivait après des mois d’arrachage de cheveux et de périodes de démotivation en mode “c’est trop dur, je n’y arrive pas”. Vraiment, être auteur, ce n’est pas juste convertir un roman écrit à la va-vite au format PDF et le soumettre à Amazon. Si on le fait sérieusement, c’est beaucoup de boulot, surtout si comme moi on est une vraie quiche ^^

    Derrière cette facilité apparente, j’ai déboursé la totalité de mon livret jeune. Illustratrice, correctrice, publicité, service presse… J’ai déjà envoyé des livres papiers car pour moi, c’est vraiment plus plaisant à lire ! J’en ai fait gagner, j’en ai offert comme service presse… Et je l’avoue un peu honteusement, je ne pourrais pas le faire pour tout le monde, même si j’adorerais. Alors j’ai aussi offert beaucoup d’ebooks pour compenser. C’est mieux que de ne rien offrir je trouve ! Un livre papier me coûte 16 euros, impression + FDP inclus, alors j’en ai envoyé cinq pour le moment, quand je pourrai je recommencerai, mais je comprends parfaitement que tout le monde ne puisse pas le faire ! Nous sommes auteurs, mais dans la vie pour la plupart, nous restons juste des employés moyennement bien payés qui font des sacrifices !

    J’ai fait un long speech pour rien, car si ça se trouve, tu ne visais que quelques cas isolés en particulier ! lol Mais je préfère en parler, car j’ai eu l’impression que tu trouvais cela “facile” d’auto-éditer son livre, pourtant je trouve au contraire que c’est tout aussi difficile que d’envoyer des manuscrits et attendre que l’éditeur fasse le boulot. Chaque cas a ses difficultés, bien sûr, mais aucun n’est réellement facile.

    J’ai vraiment hâte de lire l’article de lundi en tout cas ! C’est un “débat” intéressant 🙂

    • Bonjour ma jolie Manon,

      Merci pour ton très intéressant commentaire. Une grande partie des observations que tu fais allait être traitée dans un autre article mais je vais quand même essayer d’y répondre au mieux.

      Concernant mon ton, outre que je suis réputée pour avoir du mal à tenir ma langue, c’est volontairement dur car il s’agit d’un billet d’humeur censé, donc, provoquer la polémique et spécifiquement les personnes qui m’ont cassé les pieds sur le fait que je ne prends pas d’ebooks.

      Passons à ce que j’appelle marketing. J’aurais sans doute dû définir mais là encore je comptais développer l’idée dans un article à part. Alors je persiste et je signe : un bon auteur a un plan marketing et un mauvais n’en a pas. Par marketing j’entend tout ce qui est nécessaire à faire d’une oeuvre à la base sous forme de manuscrit un livre le plus possible vendu. Certains ont des connaissances leur permettant de faire un plan précis, d’autres le font intuitivement. Par exemple contrairement à ce que tu crois tu avais un plan marketing. Tu dis toi même que tu as vidé ton livret pour ton livre. L’aurais-tu fais sans avoir un objectif précis en tête ? Juste comme ça pour voir ? Non. Tu as écrit, fais lire, jugé ensuite au fur et à mesure que tu paufinais ton manuscrit qu’il était prêt puis tu es allé voir tes comptes, fais tes calculs, cherché certainement les différentes plateformes pour te faire une idée des prix, tu t’es inscrite sur les réseaux sociaux et à ce que je vois tu n’hésites pas à entrer en contact avec les bloggeurs, les autres auteurs etc… Tu as un plan marketing.

      Si tu savais le nombre de personnes avec qui j’ai discuté qui avaient eu l’idée géniale d’écrire (voire de plagier) un livre dans la semaine, de mettre ça sous word ou pdf ou epub, de piquer quelques images et voilà tu serais horrifiée… D’ailleurs nul n’est besoin d’aller loin, il te suffit de fouiner dans la bibliothèque kindle d’amazon. C’est ahurissant, on dirait des fois une poubelle géante. Rien qu’hier une personne m’a contactée pour me fournir un lien où ses livres étaient disponibles gratuitement. J’y suis allée. Je passe sur la page web noire, rouge et bleue qui ne donne déjà pas envie à la base mais je constate qu’il fournit effectivement ses livres gratuitement. Je télécharge, impossible à lire tant le formatage n’était pas bon. Je finis par y arriver pour tomber sur des textes pornographiques, mauvais, truffés de fautes d’orthographe entre autres. Je lui envois un gentil message pour lui demander pourquoi il fournit gratuitement ses ebooks et il me répond que contrairement aux autres il n’était pas une personne vénale. Je me vexe en lui disant que les auteurs ne sont pas vénaux et il me répond qu’il faut être “philanthropique”. Honnêtement si ses livres lui avaient coûtés quelque chose que ce soit en travail ou en argent tu crois qu’il aurait osé proposer ses torchons? Je ne crois pas.

      En ce qui concerne ce que j’appelle les mauvais livres, tu constateras dans mes critiques que l’originalité d’une histoire ne compte que pour une étoile dans ma notation. J’ai aussi expliqué qu’il y a des livres sur lesquels on accroche et d’autres pas et dans ce cas ce sont d’autres personnes que moi qui les lisent et les critiquent justement pour ne pas pénaliser l’auteur. Mais quand un livre cumule une histoire banale, une écriture bancale, des fautes en veux-tu en voilà, une couverture tout droit sortie d’un découpage de papiers de magazines oui pour moi il est mauvais. Les bons auteurs n’écrivent en général pas pour eux ou s’il le font au début cherchent à partager avec le lecteur le plaisir qu’ils ont pris à écrire. En général d’ailleurs un bon auteur est aussi un lecteur assidu. On peut dire qu’on n’a pas apprécié un livre pour son histoire mais tout le monde reconnaîtra un mauvais livre par sa conception. D’ailleurs comme tu le dis toi-même quand on le fait sérieusement c’est du boulot et c’est aussi ce que je voulais dire en disant qu’un bon auteur a toujours un plan marketing.

      Concernant l’autoédition, même si c’est un outil formidable ce n’est qu’un outil et dans les mains d’un mauvais artisan cet outil a aussi ouvert les vannes pour les écrivaillons en tout genre car oui, autoéditer un mauvais livre est très facile et rapide ce qui explique la pléthore de livres du genre “comment j’ai perdu 30 kilos en deux jours”. C’est autoéditer un livre de qualité qui revient cher en temps comme en argent mais reconnaissons quand même que l’autoédition a permis ce qu’on ne pouvait pas se permettre il y a quelques années car l’édition à compte d’auteur était hors de prix. Et qui prendra le risque de faire une autoédition de qualité qui coûte cher ? Encore une fois un écrivain qui aura un plan marketing c’est à dire qui aura tellement travaillé son manuscrit qu’il prendra le risque, comme toi, de peut-être vider son compte pour l’éditer.

      Etrangement j’ai aussi constaté que les meilleurs auteurs étaient souvent ceux qui ne se rendaient pas compte forcément de leur talent. Leur humilité et la charge de travail qu’ils s’imposent pour éditer ou faire éditer puis vendre leur livre sans même être sûr qu’il va plaire et avec, reconnais-le, la boule au ventre me met profondément en rage quand je vois qu’ils sont noyés par des pseudo-écrivains sur les plateformes électroniques ou éditeurs peu scrupuleux.Une personne m’a un jour confié son livre pour critique. Je l’ai trouvé mauvais mais mauvais ! Bref ma politique en règle générale est de ne pas massacrer l’auteur mais de pointer les faiblesses du livre je l’ai fait et elle m’a répondu qu’elle était ravie car “elle espérait bien qu’il serait détesté de ses lecteurs lesquels sont des moutons incultes gavés de livres YA”. Quel respect du lecteur ! quel respect de l’écriture ! Et bien je maintiens que sans la possibilité d’autoéditer un ebook à bas prix jamais elle n’aurait pu publier son livre.

      Ecrivain est un métier même si la plupart ne le réalisent pas, il demande comme tu l’as d’ailleurs si bien démontré, une éthique, de l’énergie, de l’organisation et de l’argent. L’autoédition hélas, en facilitant un peu la vie des écrivains a aussi permis à des gens qui feraient mieux de s’abstenir, de se faire publier et de croire, donc, qu’ils en étaient. C’est contre ces gens et là et certains distributeurs qui se prennent pour des éditeurs que je râlais car ce sont aussi eux qui le plus souvent se plaignent que les bloggeurs les “ruine” en demandant des livres papiers ou vous agonisent d’injure si vous ne leur faite pas de la bonne publicité et c’est parce que je sais le travail que ça demande d’être un bon auteur ou un bon éditeur que je ne serai ni l’un ni l’autre.

      Pour eux heureusement encore nombreux mais noyés dans la masse, la concurrence est rude et je pense que c’est là que nous, bloggeurs, pouvont intervenir en poussant sur le devant de la scène ceux qui le méritent.
      J’espère que ma modeste contribution sera utile dans cette quête.
      Ps : il n’y a pas de long speech pour rien, il y a des gens qui conversent poliment et ça, honnêtement, c’est vraiment super.
      Amicalement
      Ciena

      • D’accord, je comprends pour le ton employé. Personnellement, même si c’est plus pratique d’envoyer un ebook, si la personne en face me dit qu’elle préfère un livre papier, je comprendrais très bien. Soit je fais l’effort de lui envoyer, soit je repousse au moment où j’aurais les moyens (jour de la paye ! lol), soit j’explique gentiment que ce n’est pas grave et merci quand même au revoir ! Pourquoi aller casser les pieds des gens pour si peu… Franchement, y a des pénibles !

        Dit comme cela, pour le plan marketing, ce n’est pas faux. Comme c’était plutôt “intuitif” et que je n’ai pas de connaissances précises en marketing , il me semblait donc n’avoir pas de plan. Mais chercher à avoir la plus belle couverture possible, engager une correctrice pour proposer un texte sans erreur, discuter avec les autres auteurs, les blogueurs, les lecteurs… oui en soit, finalement, ça fait partie d’un plan. J’ai du plaisir à le faire, à communiquer, donc je ne le voyais pas comme tel, mais tout compte fait…

        Je t’avoue que tous les livres auto-édités que j’achète (format ebook essentiellement), je les connais grâce au bouche-à-oreille alors je n’ai jamais vraiment exploré la bibliothèque Kindle, j’arrivais en sachant quel livre je voulais acheter. Je n’aurais pas imaginé que l’on puisse y trouver de telles choses… Payantes, en plus… Où est le respect ? La moindre des choses quand on vend un produit, c’est qu’il soit complet, bien présenté, bien écrit ! mince alors ! Heureusement, j’ai twitter pour me conseiller alors je ne serais jamais à court de pépites, pas question d’aller me perdre là-dedans ! lol

        Je comprends tout à fait ce que tu as voulu dire en tout cas. Merci beaucoup de ta réponse sincère !

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