L’abbaye blanche de Laurent Malot : un scénario de série américaine

L’abbaye blanche de Laurent Malot : un scénario de série américaineL'abbaye blanche par Laurent Malot
Publié par Bragelonne le 14 septembre 2016
Genre: Policier
Pages: 333
Format: Ebook
Lu par : Aurore
three-stars
Amazon

Présentation de l'éditeur
Amour, meurtres et conspiration : une recette de la manipulation.

À Nantua, dans le Jura, le lieutenant Gange élève seul sa fille de six ans. Gaëlle, sa femme, les a quittés sans donner de raison.

Quand deux meurtres se produisent la même semaine dans ce coin du Jura où il ne se passe « jamais rien », Gange est entraîné dans une enquête explosive. Il s’oriente peu à peu vers l’Abbaye blanche, une secte particulièrement dangereuse, en cheville avec des notables locaux. Entre trafic d’art, âmes perdues et intervenants haut placés dans l’appareil d’État, il démêle peu à peu les fils et prend la mesure de l’iceberg qui se dresse devant lui. Les enjeux le dépassent, mais sa femme est peut-être victime de l’Abbaye blanche...

L’Abbaye blanche est un polar rural, écrit comme un film d’action et d’aventure. Visuel, sonore et bourré d’humour noir, il met en scène des personnages réalistes et touchants, victimes de l’onde de choc, au niveau local, d’affaires qui les dépassent amplement. Soucieux d’explorer les dimensions sociale et politique, Laurent Malot développe les thèmes de la manipulation, du mensonge, de l’amour et de la mort. La secte manipule ses adeptes, l’appareil d’État manipule la secte, et Gange, ce montagnard qui est un modèle d’intégrité mais a aussi ses failles, ment à sa fille, à son entourage et à lui-même en prétendant ignorer pourquoi sa femme est partie. La part belle est faite à une galerie de femmes autour de lui, qui ne s’en laissent pas compter : la journaliste, la baby-sitter, la juge, etc. Au cœur du Jura, un des personnages clé du livre, dont les magnifiques paysages offrent des horizons plus larges qu’en ville et permettent l’émergence de la sagesse et de la vérité.

Dans ce roman, nous avons tous les ingrédients du policier. Il y a donc des meurtres entourés d’un mystère épais comme un brouillard, ça c’est la base. A la tête de l’enquête, on trouve un lieutenant bourru à la vie privée très compliquée, vie privée qui va se retrouver mêlée à l’enquête. Et nous retrouvons aussi l’éternelle journaliste fouineuse qui va se rendre indispensable.

Vous allez me dire, tout ça fait très cliché, et je pense aussi que c’est le cas. Mais un cliché n’est pas forcément une mauvaise chose car il a fait ses preuves et fonctionne très bien. Partant de là, je parlerais donc plutôt d’un classique du genre. Même si l’originalité n’est pas au rendez-vous, il reste bien mené.

En effet, je suis entrée très facilement dans l’histoire. On fait rapidement connaissance avec les personnages, qui sont bien présentés au lecteur, pas besoin de faire des retours en arrière pour savoir qui est qui. Je les ai bien aimé dès le départ, même s’ils auraient pu être un peu plus développés. Je me suis laissée tranquillement porter par l’enquête. On sent la tension monter petit à petit jusqu’à l’arrestation des méchants. Et dans la dernière partie, je me suis totalement fait happer par l’action qui s’accélère. Parce que oui, le livre ne se termine pas sur cette arrestation, le plus haletant vient après…

Ce fut donc une bonne lecture, mais j’ai quand même relevé des points négatifs, surtout du côté du style. J’ai trouvé que l’écriture manquait souvent de finesse. Bien qu’elle soit claire et efficace, certaines tournures et expressions m’ont parues un peu maladroites. Le langage des policiers est très stéréotypés, avec des « blagues de flics », on se croirait dans une série américaine.

Le plus gros point noir pour moi a été la fin particulièrement abrupte. Honnêtement, entre les 2 derniers chapitres, je me suis demandée si je n’avais pas loupé un passage. A un moment, on est dans uns situation particulièrement tendue, et la page suivante, tout est résolu ! Ta dam ! J’ai eu l’impression que l’auteur ne savait pas comment résoudre le problème.

J’attribue donc une étoile pour l’écriture, qui est une étoile d’encouragement, car malgré ses faiblesses, je pense que le style de l’auteur peut évoluer dans le bon sens.

La deuxième étoile est pour les personnages. C’est un peu comme l’écriture, les quelques défauts ne m’ont pas empêché de les apprécier, et ça me plairait bien de les retrouver dans une nouvelle enquête.

Et j’ajoute une troisième étoile car c’est un livre que je recommanderai volontiers à mes amis

Leave a Reply