Quand une nouvelle plume se fait plumer

 

Aujourd’hui je suis en colère. très en colère même. Pourtant l’histoire que je vais vous raconter n’est, hélas, que trop fréquente dans le milieu de l’écriture et touche spécifiquement les nouveaux auteurs, ce qui me perturbe beaucoup.

Comme vous le savez déjà si vous lisez mes articles, j’ai toujours dit que tout le monde pouvait être auteur mais pas forcément écrivain. cela m’a valu beaucoup de reproches tant d’auteurs que d’éditeurs mais je persiste et je signe : à partir du moment où vous avez écrit une oeuvre vous êtes un auteur mais être écrivain est un métier qui demande temps, argent, tenacité et beaucoup de connaissances commerciales, marketing et comptables souvent.

Comme tout les auteurs n’ont pas ces connaissances, ceux qui aspirent donc à vendre leurs livres délèguent le travail hors écriture à un éditeur ou des prestataires de services ou prennent leur courage à deux mains et s’attellent à une tâche d’autant plus dure que la compétition est rude et le travail d’écriture en lui-même (du moins pour obtenir un livre éditable) est épuisant.

Les courageux qui sont arrivés plus ou moins au bout de ce processus peuvent avoir la chance de rencontrer leur public et se faire un nom. Malheureusement, comme pour tout, celui-ci ne voit que la partie visible de l’iceberg : le livre et certains pensent donc, à tort, qu’il leur suffirait de prendre un stylo à leur tour sans mesurer la somme considérable de travail nécessaire pour obtenir un résultat incertain.

Et c’est là que les vautours arrivent….

Il y a quelques semaines, un brave jeune homme m’a demandé si j’acceptais de critiquer son premier livre, du genre fantasy. J’ai reçu avec surprise le tome III de ce qui semblait une saga et faisait, à lui tout seul, près de 600 pages. Pour un débutant j’ai un peu tiqué. Déjà qu’un premier livre c’est difficile mais trois tomes de 600 pages chacun , soit j’avais à faire à un génie de l’écriture soit le pire était à venir. J’ai ouvert quelques pages, ne comprenant logiquement rien à l’histoire, j’ai contacté l’écrivain pour lui dire que je lui renvoyais son tome III et qu’il me fasse parvenir le tome I à la place pour la critique. Quelques jours après je reçois les tomes I et II, chacun de 600 pages aussi.

Ma première constatation fut pour le papier qui ne semblait pas de très bonne qualité mais je me suis dit qu’en tant qu’auto-édité et vu les prix à l’impression c’était un peu logique. Je n’ai pas tout de suite vu qu’il était passé par une maison d’édition à compte d’auteur.

Mais quand j’ai commencé à lire le livre….

Comment dire  ? “L’orc les regarda d’un air mauvais et sortit sa terrible épée. “Je vais tous vous tuer” dit il d’un air mauvais. Sa terrible épée à la main il s’élança tandis que ses trois adversaires lui lancèrent un sort simultané. ” Vous avez vraiment cru que votre combo allait fonctionner” leur dit l’orc d’un air mauvais….”. Je parodie à peine et c’était comme ça tout le long du livre.

Alors c’est sûr. Tout le monde ne peut pas être Tolkien et ce n’est pas à l’auteur que je m’en prend ici mais au soit-disant professionnalisme de la soit-disante “maison d’édition” qui n’hésite pas à indiquer sur sa page web que les manuscrits passent par un comité de lecture, faisant ainsi croire à l’auteur que son livre est prêt et publiable alors qu’il n’avait dès le départ aucune chance de l’être.

Vous imaginez le prix que cette personne a dû payer pour faire publier trois tomes de 600 pages ? Vous imaginez la tristesse, le découragement et la colère de ce pauvre homme qui  ne comprendra sans doute jamais pourquoi son livre n’a pas de succès alors qu’avec l’aide de personnes COMPETENTES, il aurait pu retravailler son texte et, qui sait, publier un livre qui aurait ses chances ?

Bien sûr, vous imaginez aussi qu’il n’a pas du tout apprécié que je le contacte pour lui dire que je ne pouvais pas critiquer son livre en l’état pour éviter de l’enfoncer encore plus.

Moi ça me fait mal aux tripes qu’on profite des gens comme ça.

Alors s’il vous plait les nouvelles plumes. Je ne vous dit pas ça pour vous décourager mais si vous voulez vous faire publier :

  • lisez, lisez et relisez votre manuscrit
  • faites lire, lire et relire votre manuscrit aux gens qui vous entourent et surtout aux gens qui n’ont pas de raison d’être sympa avec vous (groupes de bêta-lecteurs, scribay, wattpad, les solutions sont nombreuses)
  • renseignez vous auprès d’auteurs auto-édités. Ils sont adorables et n’hésiteront pas à vous aider
  • renseignez-vous auprès des éditeurs.
  • renseignez-vous sur internet si vous tenez vraiment confier votre livre à une maison à compte d’auteur !!!

Et surtout une fois votre livre prêt. Soyez conscient que le travail ne fait que commencer.

 

24 thoughts on “Quand une nouvelle plume se fait plumer

  1. Malheureusement beaucoup d’auteurs se font arnaquer… Ce n’est que mon avis mais je ne porte pas l’édition à compte d’auteur dans mon coeur. Les prix de beaucoup de ces maisons d’édition sont excessifs.

  2. C’est si vrai, la teneur de cet article. Il est très difficile de dire à un auteur que son texte est impubliable, du moins si on a un peu de respect des autres. Et encore plus de lui faire comprendre qu’il s’est fait arnaquer. Souvent, on se fait détester pour cela, même si on a critiqué en prenant des gants.
    En tant qu’auteur, je reconnais qu’il est difficile de digérer une critique négative. Il faut un peu de temps pour en tirer du positif 🙂
    En tous cas, je fuis comme la peste les “éditeurs” à compte d’auteur. Je préfère encore l’autoédition, au moins on dépense peu et on est responsable de ses réussites ou de ses échecs.

  3. Malheureusement, ils sont nombreux, les auteurs dont les textes sont impubliables (du moins en l’état) qui se lancent quand même dans la publication, soit parce que personne n’a osé le leur dire (ou n’avait assez d’expérience en matière de textes bons ou mauvais, ça arrive aussi, chez les ados typiquement), soit parce que des maisons peu scrupuleuses leur ont promis la gloire contre €uros sonnants et trébuchants…
    Tant que ces “éditeurs” à compte d’auteur joueront la corde sensible de la promesse de gloire, ce genre d’histoire va se répéter, hélas.

  4. J’ai 62 ans. Déjà, en 1975, lorsque j’ai commencé à écrire “sérieusement”, les arnaques à compte d’éditeur étaient très fréquentes. donc, le problème ne date, hélas, pas d’hier.
    Maintenant, il serait enfin temps que les gens qui écrivent acceptent d’entendre que leur livre est mauvais, lorsque c’est le cas. Ce n’est pas manquer de respect à l’auteur du livre, c’est au contraire lui rendre service. Le monde de l’écriture, que je connais très bien ( 13 ans comme re-lecteur dans une maison d’édition et “nègre” depuis 7 ans avec 5 romans écrits dont 4 déjà publiés) est un monde qui n’a pas d’état d’âme. Par conséquent, les auteurs qui ne veulent pas prendre le risque de s’entendre dire qu’ils ont écrit un mauvais livre ne doivent surtout pas essayer de publier, sous risque de faire une dépression. J’ai connu des auteurs qui ne supportaient pas les mauvaises critiques. Aujourd’hui, ces gens ont cessé d’écrire depuis longtemps. alors, un conseil d’un vieux routard de l’écriture : mettez votre orgueil et votre ego au fond de votre poche et travaillez sang et eau avant de présenter un texte potable. L’écriture n’est pas un passe temps (ou dans ce cas, écrivez pour votre voisin, votre concierge et vos amis qui, de toute façon et par bienveillance, n’oseront pas vous dire vraiment ce qu’ils pensent de votre chef d’oeuvre) mais un métier d’une infernale exigence. Que ceux qui ne sont pas prêts à ça fassent autre chose. Quand à la différence entre “auteur” et “écrivain”, elle est évidemment énorme !!! Des auteurs de texte, ça pullule de partout, ça envahit l’auto-édition, les blogs, etc… Mais des écrivains, des vrais, vous en avez, tout au plus, 5%. Aujourd’hui, tout le monde peut publier un bouquin partout sur le Net et tout le monde s’imagine être écrivain ! Quelle bonne blague ! Je n’ai jamais lu autant de livres catastrophiques depuis qu’internet existe !!!! Et alors, il ne faudrait pas dire à ces chers auteurs susceptibles et narcissiques que leur bouquin est médiocre, sous peine de les froisser ou de les mettre en colère ? Eh bien moi, quand un auteur me confie un manuscrit (j’en lis environ 5 par mois), j’ai l’honnêteté intellectuelle et l’honnêteté tout court de lui dire exactement ce que j’en pense. S’il est vexé par mon “jugement”, alors c’est très simple : je lui dis tout simplement qu’il n’était pas obligé de me soumettre son manuscrit. Bonne chance !!!

    • “Des auteurs de texte, ça pullule de partout, ça envahit l’auto-édition, les blogs, etc… Mais des écrivains, des vrais, vous en avez, tout au plus, 5%. Aujourd’hui, tout le monde peut publier un bouquin partout sur le Net et tout le monde s’imagine être écrivain ! Quelle bonne blague !”

      Je ne peux qu’être d’accord avec vous et je suis contente d’entendre quelqu’un du milieu le reconnaître enfin !

    • Je suis d’accord avec vous. Je suis en train de corriger mon premier roman, que j’ai mis près de 6 années à écrire. J’ai demandé à mon entourage de lire mon écrit sans hésiter à me dire ce qui était mauvais. J’accepte les critiques car cela me semble important de savoir si mon roman est bon ou pas. Si je peux espérer une future édition. J’ai eu de bons avis. Je n’hésiterai pas à renouveler l’expérience pour montrer la qualité de mon travail.

      • Bonjour Mme ou Mlle Nadège Bloquel

        Bravo pour votre volonté. Votre démarche de confier votre manuscrit à votre entourage est courageux mais confiez-le surtout à quelqu’un qui n’a aucune relation affective avec vous. Vous aurez ainsi un avis dix fois plus objectif. Les gens de l’entourage (je suis passé par là !!!) sont souvent trop bienveillants, de peur de blesser. Bien à vous et bon courage pour la suite. Pierrick Blin-Paulin

    • Bonjour. Je “milite” pour une seule chose que voici: https://www.change.org/p/pour-en-finir-avec-l-utilisation-du-mot-n%C3%A8gre-pour-d%C3%A9signer-une-seconde-plume-english-translation-inside (pétition fermée mais toujours lisible) croyez bien que je ne suis pas un obsédé de l’anti-racisme mais sur ce point je suis catégorique. C’est conscience par conscience que cela s’arrêtera. Les guillemets ne suffisent plus je trouve. Merci.

      • Honnêtement je ne vois pas les choses comme çà. On va enlever le mot nègre du dictionnaire ok cool et puis quoi la prochaine fois. Pourquoi ne pas carrément faire disparaître tout ce pan de l’histoire pour que surtout personne ne s’en souvienne et puisse recommencer tranquillement ?

  5. Beaucoup de bruit pour pas grand chose Mr @tzenegg. Il est vrai qu’aujourd’hui, il faut faire attention à tout ce que l’on dit sous peine d’être taxé de facho, de raciste et autre qualificatif employé à tort et à travers. méditez cette phrase, monsieur : “Tout excès est insignifiant”. Quand j’utilise le mot “nègre” dans mes commentaires, d’une part je le mets entre guillemets, et sachez, cher monsieur, que jamais, je dis bien jamais, je n’ai eu une pensée raciste lorsque j’employais ce mot. Cela ne me viendrait même pas à l’idée. Je suis lassé de ces vertueux à la petite semaine, de ces moralistes et donneurs de leçons qui se perdent en bavardages stériles. Saturés de ces arrogants qui remettent tout et n’importe quoi en cause, sans doute pour tenter de glaner une petite notoriété. J’en ai marre que les gens pacifistes soient obligés de se justifier pour chacun de leur mot. Marre de cette obsession du politiquement correct et des discours plats, creux, sans âme. Alors, cher monsieur, sachez que dans ma bouche, le mot “nègre” n’a aucune connotation raciste, et vous avez perdu une occasion de vous taire en m’adressant cet article. Vous savez pourquoi ? Parce que je suis marié à une sénégalaise depuis 23 ans et que la grande majorité de mes amis sont africains. Et vous savez encore quoi, très cher “ami” blanc, je fais partie de deux associations humanitaires qui viennent en aide aux enfants d’Afrique et ce, depuis plus de quinze ans. Vous, vous torchez des articles terri§re votre bureau et moi, je suis sur le terrain avec mes amis africains pour tenter d’améliorer la vie des gosses !!!!!!

    • Oui c’est vrai et en plus ça n’avait rien à voir avec le sujet de l’article. Mais plus que ça ce qui m’énerve c’est qu’on ne lutte pas contre le racisme comme çà, en faisant disparaître des mots du vocabulaire. Au contraire je trouve même choquant et insultant qu’on dénie aux gens qui en on souffert, le témoignage de sa réalité passée car qu’est-ce qu’un nègre si ce n’est à la base un esclave, quelqu’un est sous ou pas payé pour faire le travail des autres ! Croyez-vous vraiment à ce jour que ce soit juste le cas des personnes de couleur (terme que je trouve encore plus hypocrite) ? Non désolée. Etes-vous au courant que l’esclavage existe encore partout et pas spécifiquement en Afrique. Alors soyez sympa Monsieur @tzenegg si vous voulez militer utilement contre le racisme allez sur le terrain. De mon côté je préfère militer contre l’esclavage dans tous les sens du terme en appelant les écrivains fantôme ou toute personne exploitée “nègre” parce que oui, ça choque et rappelle justement ce dont on ne veut plus.
      Je vous ai laissé vous exprimer sur le sujet par politesse bien que ce ne soit pas le sujet de l’article mais pour moi cette discussion est close. Il n’y aura donc plus d’autres commentaires sur le sujet.

  6. Oui il est vrai qu’on en voit beaucoup des comme ça malheureusement… Perso je ne conseille pas les ME à compte d’auteur, beaucoup trop friandes en général, du moins pas avant d’être déjà bien voir hyper expérimenté. Pour ma part, je suis autoedite, pour des raisons d’indépendance créative avant tout… C’est en effet un travail d’arrache pied pour le faire sans aucun frais tout en étant vu (sans viser la popularité mais c’est ce qu’on me reproche, d’en faire trop soi disant).
    La stratégie de communication est un art dans l’art en littérature, on en apprend chaque jour entre indés et avec des bêta lecteurs ! Pour les intéressés je suis sur Scribay notamment sous le pseudo Ben LefranK, mais aussi FACEBOOK (PAGE) , twitter… bendream_31sur insta, Benjamin LEFRANC sur Google+ et blog sur WordPress.

    Au plaisir d’en reparler, à titre d’expérience si vous le souhaitez ou simplement pour de bons échanges 🙂

  7. Bonjour,

    Il y a beaucoup à dire sur ce sujet et je rejoins l’auteure du billet, n’est pas écrivain qui veut. Chez nous nous refusons plus de 80% de ce que nous recevons, dans tous les cas parce que c’est mal écrit, mal structuré, pas assez travailler.

    Mais la vraie question à se poser quand on veut passer par un éditeur est : cet éditeur fera-t-il une direction d’ouvrage sur mon livre. Parce que c’est ça le rôle de l’éditeur. Il sélectionne (c’est subjectif au-delà d’un tronc commun de bonne écriture) puis il accompagne l’auteur dans un travail d’aménagements de son texte. S’il ne fait pas ça et qu’il n’a pas les qualités littéraires pour le faire vous ferez publiez un travail inachevé.
    Le reste, orthographe, syntaxe, grammaire, couverture, déclaration etc, c’est indispensable mais secondaire.

    Vient aussi la question des “éditions moi-même” puisque chacun peut s’inventer sa maison d’édition. C’est de l’auto-édition déguisée. On y trouve un peu de bon et beaucoup de moins bon.J’ai même vu un truc absolument lénifiant recevoir le prix machin dans un salon de province. Pas malin, j’ai acheté le livre, je n’ai pas pu dépasser la moitié.

    La diffusion et le distribution est un autre problème qui n’est que commercial.

    Si on vous demande de l’argent pour vous éditer, tournez les talons, vous avez affaire à un prestataire de service, pas à un éditeur. Si on ne vous propose pas de travailler avec vous votre texte, vous avez affaire à quelqu’un qui ne sait rien de l’édition.
    Comparez avec un sportif, on le sélectionne et ensuite on lui améliorer sa technique. Un éditeur doit faire ça.C’est ce qu’on appelle la direction d’ouvrage.

    Et comme ça a été dit, ne pas se prendre pour ce qu’on n’est pas. Savoir manipuler un clavier ne fait de personne un écrivain. C’est un travail, ça s’apprend, mais il faut un minimum de talent. S’il s’agissait de musique personne ne se risquerait sans avoir appris, mais comme un clavier suffit on croit qu’on y est. Or, la majorité n’y est pas.

    Cordialement
    Gilles Brancati

    • @Gilles Brancati je vois là une belle perspicacité. Ça laisse entendre une expérience utile et non masquée derrière ce que vous avez notamment évoqué dans votre commentaire. Pour ma part, je reconnais m’être trop ou pas assez humblement exposé pour être repéré. J’en suis à me calmer maintenant la phase promo de mon 1er tome en auto édition terminée. Depuis je suis revenu vers Atramenta en plus de Scribay et me suis ouvert à monbestseller qui me semble judicieux pour attirer les LE autant que les bons conseils. Et en terme de diffusion cela semble plus clairement visible sans en faire trop.
      Là où je vous donne particulièrement raison en etayant mon opinions c’est sur l’aspect commercial de tout cela. En comparaison avec la direct mon d’ouvrage, en effet c’est essentiel en aval des corrections/ travail graphique et mise en page. En ce qui me concerne, j’estime que la diffusion avec une ME à compte éditeur de fait en bi voit tri partie avec relations presse et l’auteur. En terme de corrections et couverture c’est plus relatif, mise en page on ne peut pas toujours savoir si cela colle au “format demandé” selon moi.

    • “il accompagne l’auteur dans un travail d’aménagements de son texte. S’il ne fait pas ça et qu’il n’a pas les qualités littéraires pour le faire”

      Vous venez de confirmer mes doutes ^^’

  8. Les sites que vous citez sont pour moi des miroirs aux alouettes. Ils vous proposent un espace de publication dans l’espoir de vendre des services. Je n’en fait pas le reproche, c’est un business comme un autre.
    Les commentaires des lecteurs sont le plus souvent des commentaires “amis”, sinon, pour certains, des lecteurs qui avalent n’importe quoi.

    Le point le plus important que vous évoquez est celui de la promotion. Je vais peut-être vous décevoir, mais ça ne fonctionne pas. Je connais même une vieille maison qui y a renoncé, trop cher, sans retour sur investissement.

    Je l’ai fait, j’ai demandé à une officine agence de presse qui propose des clés en main. J’ai payé et le travail a été fait correctement. Mais les articles que nous avons obtenus ont paru dans des blogs et parfois inattendus (un magazine en ligne d’automobiles). Rien dans la presse spécialisée. En termes de ventes : rien, pas un livre.
    Il en est de même pour les articles dans la presse locale, plus faciles à obtenir, mais sans réelle efficacité. A prendre malgré tout.

    Il faut comprendre que la grande édition et les médias, quand ils ils ne sont pas les mêmes, fonctionnent dans un entre soi et ne nous ouvriront pas leurs portes sauf si nous, petits éditeurs indépendants, avons un jour la chance de recevoir le manuscrit d’une tête connue.

    Écrivez n’importe quelle connerie sur les femmes de 50 ans, sur le fonctionnement de vos intestins, sur les recettes du sommeil ou comment travailler vos sillons de radis, vous vendrez vos livres, vous irez sur tous les plateaux télé si…. vous avez un nom connu.

    Un nom connu attire de l’audience et permet de vendre de la pub. C’est aussi basique que ça.
    Il ne reste pour les autres que le foisonnement de l’internet dans lequel plus personne ne s’y retrouve.

    Il ne vous reste qu’une solution, celle de trouver un éditeur local sérieux, pas un imprimeur qui se dit éditeur, voire même un courtier* (j’en connais un) et ensuite de vous prendre par la main pour faire des salons et des dédicaces.
    * dont l’objectif est de prendre le plus possible d’auteurs en se disant que si chacun en vend 25 autour de lui, ça finira par faire un nombre. La qualité, il s’en fout.

    Si vous vous sentez perdu au milieu de tout ça, c’est à dire au milieu des milliers de gens dans la même situation, c’est normal. Il vous reste soit la rationalisation du problème, soit les anxiolytiques 🙂

    Bonne journée

    • Bonjour Gilles,

      Même si je suis d’accord en grande partie avec ce que vous dites je voudrais défendre un peu ma paroisse car, en ce qui me concerne, un grand nombre des auteurs que j’ai chroniqué ont non seulement vendu des livres mais pour certains même trouvé des éditeurs. Je pense surtout qu’il y a promotion et promotion. De simples articles dans les journaux généralistes ne suffisent pas. Il faut cibler exactement votre clientèle et, je le conçois, les magazines littéraires ne se préoccupent que des grands noms. C’est la raison d’existence de ce blog.
      En ce qui concerne mes critiques, elles sont non seulement publiées sur ce blog mais diffusées sur les librairies en ligne type amazon, sur les réseaux sociaux, les groupes de lecture, les sites généralistes et littéraires et partout où je peux et où on m’autorise à le faire.
      Je ne me contente pas de lire et donner mon avis ce qui me demande pas mal de travail et me coûte aussi de l’argent pour souvent avoir des messages désagréables dans ma boite aux lettres d’auteurs et d’éditeurs qui ne supportent pas mon franc parler ou le fait que je sois très stricte sur mes partenariats.
      Je pense pourtant que j’ai raison de fonctionner comme ca puisque des éditeurs me demandent directement de les avertir quand je trouve un “bon auteur” à leur soumettre.
      J’espère un jour, qui sait, pouvoir le faire à plein temps pour un éditeur mais en attendant mon blog nourrit ma passion à défaut de mon porte-monnaie et j’espère aussi être utile à tous ces jeunes auteurs qui n’ont pas l’argent ou le nom qui leur ouvrira les portes des médias

      Maintenant quand je parle de promotion, je parle aussi du reste c’est à dire les salons, dédicaces etc…. certains auteurs refusent de sortir de chez eux, d’autres de répondre aux emails et je ne parle pas des maisons d’éditions que je dois supplier de me transmettre LEUR promo pour diffusion. Vous imaginez ca, vous, avoir un média qui va vous supplier de vous aider gratuitement à promouvoir vos auteurs ?
      Il y a des outils de promotion efficaces mais encore faut il être aussi acteur et j’avoue à ma grande surprise que peu d’auteurs et de maisons d’éditions font le travail, du coup ca décourage d’aider des fois….

  9. Bonjour Cenia,
    Vous aviez bien sûr compris que rien n’était dirigé contre vous. Vous faites un travail plus complet que bien d’autres et on ne peut que vous en féliciter et surtout vous en remercier.
    Que certains aient vendu des livres, c’est sûr, comme il y a des auto-édités qui réussissent très bien. Mais ils sont peu nombreux. Le sens de mon (long) commentaire était de dire que les auteurs doivent se prendre par la main et ne pas tout attendre des autres.

    • Bien sûr que je sais que ce n’était pas pour moi. C’était un coup de gueule envers les auteurs qui se permettent de me demander si je fais des chroniques “gracieuses” et les éditeurs après lesquels je cours en permanence pour faire leur promo alors que ca devrait etre l’inverse 🙂

  10. Bonsoir,
    J’aimerais intervenir en tant qu’auteur. Je ne sais pas si vous écrivez vous-même, mais si écrire est une passion, c’est aussi une activité qui demande beaucoup de concentration et qui prend énormément de temps, en plus bien évidemment du travail, de la vie sociale et du reste, comme tout le monde.
    Alors si en plus on doit faire le représentant de commerce pour vendre ce que l’on écrit, je suis désolée, mais on n’écrit plus. Ou mal et dans le stress, ce qui donne de mauvais résultats.
    Il existe des professionnels qui se proposent pour la promotion des auteurs, des éditeurs donc, de divers types et qui proposent différents services (dont des quasi escroqueries, c’est le thème de ce billet). Il existe aussi des bénévoles qui désirent aider les auteurs par passion (dont Ciena sur le présent blog), ce dont je les remercie.
    C’est à ces deux types de personnes que je m’adresse pour proposer mes manuscrits car je l’affirme ici, un écrivain/romancier/auteur, peu importe le nom, est une personne forcément introvertie et n’a pas ou peu les qualités requises pour se “vendre” ( à part les exceptions qui confirment la règle, comme toujours). A chacun son métier, si j’ose dire.
    Alors je confie le destin de mes écrits à ces professionnels, avec lesquels je suis prête à m’investir pour ce qui concerne ma partie (correction, réécriture, interview éventuelle…) et seulement ma partie. Ce que j’aime, c’est raconter des histoires, pas courir les salons ni passer des journées à m’ennuyer dans des librairies ou les halls de supermarchés, comme j’y ai souvent vu de malheureux auteurs perdus dans l’indifférence quasi générale.
    La gloire par les nouveaux médias, je n’y crois pas si l’on est au départ un illustre inconnu, et sur ce point je rejoins ce qui est dit au-dessus. C’est une perte de temps et d’énergie pour bien peu de choses.
    Alors je contacte les éditeurs concernés par mes genres de romans et j’accumule les réponses négatives ou l’absence de réponses. Je me suis auto-éditée en attendant et, que je vende ou pas, à la limite ce n’est pas l’important. Le principal est que je puisse continuer à écrire sereinement. D’ailleurs j’y retourne de ce pas.
    Bonne soirée.

  11. En plus de ce que dit l’article (ces faux éditeurs non seulement coûtent très chers mais ne font pas leur travail d’éditeur en ne proposant pas un travail éditorial à l’auteur…
    – même si le livre est très bien écrit, il correspond rarement pile-poil à ce que souhaite publier le professionnel et c’est lui qui prend les risques financiers car il croit que votre manuscrit peut se vendre, il a donc son mot à dire et parfois ce qu’il demande peut s’avérer long et complexe, mais toujours gratuit si l’éditeur est à compte d’éditeur –
    … en n’accompagnant pas l’auteur lors de la sortie du livre car l’auteur en payant a financé de sa poche la publication, l’opération est rentable pour l’éditeur à compte d’auteur avant même que l’édition papier soit publiée… etc.) il y a aussi de faux éditeurs qui ne font pas payer l’édition du texte “brut” mais tout ce qui va autour et est plus ou moins indispensable (correction, travail éditorial, maquette, mise en forme, couverture…) et souvent se rémunèrent en ne payant pas les droits d’auteur (deux sont célèbres : EDIL…. et L’Har……) à fuir absolument. De même ceux qui obligent à un volume de prévente.
    Depuis quelques années, je publie le 1er avril un petit texte humoristique sur ces arnaques, un peu politique aussi 🙂 )
    Celui de 2017 est ici https://ecrirelirepenser.com/2017/04/01/lassassinat-du-petit-poissonchaperon-rouge-au-fond-du-bois/
    Les règles à respecter pour ne pas se faire avoir :
    – un écrivain ne doit jamais rien payer et par contre être rémunéré en droit d’auteur dès le premier livre vendu.
    – si un éditeur accepte de vous publier, il ne doit avoir qu’une exigence vis-à-vis de vous : améliorer votre texte dans le sens qu’il souhaite.
    – les vrais éditeurs à compte d’éditeur sont submergés de manuscrits, ils pratiquent donc une sélection très sévère et ils choisiront de préférence les manuscrits les mieux écrits (le travail sur un texte imparfait, cela coûte cher à l’éditeur), les plus vendables – originaux ou dans l’air du temps -, et ceci encore plus si l’auteur n’a jamais été publié (non un éditeur ne recherche jamais de nouveaux auteurs et de toute façon ne le précise pas).

    Mémoire

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