Eden, la fin du monde d’Antoine Delouhans : LNF

Eden, la fin du monde d’Antoine Delouhans : LNFEden par Antoine Delouhans
Publié par Auto-édité le 18 janvier 2017
Genre: Fantastique
Format: Livre papier
Lu par : Ciena
dnf

Stephen King disait toujours que pour être écrivain il fallait d’abord être lecteur. A cela j’ajouterai qu’il faudrait aussi, autant que possible, éviter de trop aller au cinéma ou plutôt pour être plus précise, éviter d’utiliser le cinéma comme modèle d’écriture. Pourquoi ? Parce que l’écriture et le visuel ont deux modes de fonctionnement opposés. En effet quand on lit, notre cerveau comprend les mots, les lient les uns aux autres et crée des images : l’histoire qui provoque ou non des sentiments. Dans le cinéma, notre cerveau prend les images et crée des mots qui, une fois liés, provoquent ou non des sentiments.

Par exemple si vous lisez “Juliette se mit à pleurer à cause de Romeo”, votre cerveau prendra les mots de la phrase puis créera pour vous une image de Juliette pleurant à cause de Romeo et les sentiments que provoqueront cette image viendront automatiquement. Si vous voyez sur l’écran Juliette pleurer, votre cerveau prendre l’image puis vous vous direz “Juliette pleure à cause de Romeo”.

De ce fait il est indispensable de comprendre qu’on n’écrit pas un livre comme on rédige un scénario de film. Ce sont deux fonctionnements différents. Or beaucoup de nouveaux auteurs, riches d’une histoire originale, ont tendance à utiliser le mode “scénaristique” pour écrire leur livre au risque de perdre le lecteur.

C’est ce qui est arrivé avec Eden. Le pire est qu’à part ça il n’y avait aucun autre problème avec ce livre qui est passé ainsi d’une probable future très bonne oeuvre fantastique à un livre non fini.

L’histoire d’Eden est extrêmement originale puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins qu’un livre qui prend la genèse de notre monde et sa mythologie pour introduire une histoire à mi-chemin entre le fantastique et l’ésotérique. Le début du livre d’ailleurs, avec la découverte d’un archéologue, avait tout pour allécher et donner envie de lire la suite.

L’écriture n’est , d’autre part, pas mauvaise (du moins si on passe sur le fait qu’on selle et non scelle un cheval). Mais voilà, le livre est écrit comme un film. On passe d’une personne à une autre, d’un décor à un autre, d’une situation à une autre sans aucune transition. De plus le nombre important de personnages et la différence entre les mondes assez mal expliquée fait qu’on est totalement paumé au bout de quelques pages. l’auteur a tenté d’y remédier maladroitement en changeant la police de caractère ce qui, au lieu d’éclaircir les choses les a rendues encore plus compliquées.

Ce qui aurait été évident en film ou télévision (le changement de décor, les costumes etc…) ne peut être rendu visuellement dans un livre. Il faut utiliser le texte, prendre le temps de développer l’histoire, ajouter une annexe avec la liste des personnages si besoin.

Enfin le livre fait dans les 600 pages. Compte tenu de la richesse mythologique de l’histoire il ne fallait surtout pas l’écrire en un tome mais prendre son temps, en deux tomes, de bien camper les mondes et développer l’intrigue.

C’est dommage car, encore une fois, l’histoire est loin d’être banale et mérite d’être connue mais en l’état, pour moi, c’est un livre non fini.

 

 

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