L’affaire Isobel Vine de Tony Cavanaugh : lent, trop lent

Ce livre pourrait ne pas être adapté à un jeune public compte tenu de l'usage de contenu à caractère sexuel, usage de drogue et d'alcool et/ou de violence.
L’affaire Isobel Vine de Tony Cavanaugh : lent, trop lentL'affaire Isobel Vine par Tony Cavanaugh
Publié par Sonatine le 6 avril 2017
Genre: Policier
Pages: 416
Format: Livre papier
Lu par : Ciena
three-stars
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Pour n'importe quel passant, les rues, les places, les jardins de
Melbourne possèdent un charme certain. Pour Darian Richards, chacun de ces lieux évoque une planque, un trafic de drogue,
un drame, un suicide, un meurtre. Lassé de voir son existence ainsi définie par le crime, et uniquement par le crime, il a décidé, après seize ans à la tête de la brigade des homicides, de
passer à autre chose. Une vie solitaire, plus contemplative.

Il accepte néanmoins de sortir de sa retraite par amitié pour le chef de la police qui lui demande de disculper son futur successeur, en proie à des rumeurs relatives à une
ancienne affaire : en 1990, après une fête donnée chez elle, on a retrouvé le corps sans vie de la jeune
Isobel Vine. Suicide, accident, meurtre ? L'enquête fut d'autant plus délicate que
quatre jeunes flics participaient à cette soirée. Elle fut classée sans suite, mais le doute persiste sur ce qui s'est réellement passé.

Reprendre des investigations vingt-cinq ans après les faits n'est jamais une partie de plaisir, surtout quand l'affaire concerne de près la police. Les obstacles ne manquent pas. C'est sans compter sur le caractère obstiné, rebelle et indiscipliné de Darian Richards et sur sa fâcheuse habitude à porter davantage d'attention et de respect aux morts qu'aux vivants. L'enquête rythmée de nombreux rebondissements va peu à peu l'amener aux frontières du bien et du mal, de la vérité et du mensonge, et Richards y perdra peut-être ses dernières illusions.

Une description rarement vue des rouages policiers. Une ville, Melbourne, personnage à part entière du roman. Une intrigue captivante. Et un antihéros plein de blessures intimes, misanthrope et obstiné, que l'on a envie de retrouver à peine la dernière page tournée.

Un polar en terre australienne. En voilà une lecture qui paraît intéressante ! 

Il faut dire que l’histoire est vraiment bien conçue : un enquêteur à la retraite décide de reprendre du service pour tenter de résoudre une affaire de meurtre (ou suicide, rien n’est moins sûr) vieille de vingt ans mais qui entache la réputation du nouveau chef de police, suspecté de, peut-être, faire partie des coupables.

L’autre point fort de ce livre réside dans la construction des personnages. L’auteur a vraiment mis un point d’honneur à les rendre les plus vivants possibles sans omettre leurs caractères et zones d’ombres. Il les a justement choisi pour ça. Ainsi chacun d’entre eux apporte sa propre touche à l’histoire.

Pareil pour les décors, les lieux, qui sont choisis très finement pour ajouter à l’atmosphère très noire de ce polar.

Mais, mais, mais… à force de vouloir faire de l’esthétique on en oublie l’essentiel. Ici ce sont le rythme et la crédibilité qui posent problèmes.

A force de décrire les lieux, les émotions, les personnages, le réçit est d’une lenteur qui nuit au suspense. Je veux bien que l’affaire soit “du réchauffé”, mais tout de même. La fin n’a rien de logique, les preuves et le mobile du meurtre totalement invraissemblables

A la rigueur le livre aurait peut-être dû être plus court (c’est un gros pavé de 416 pages), et le rythme plus rapide. Pour le reste ça reste un bon polar. On pardonne donc les approximations mais on n’est pas emballé non plus.

Dommage.

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