Un trou dans la toile de Luc CHOMARAT : un flou dans le genre

Un trou dans la toile de Luc CHOMARAT : un flou dans le genreUn trou dans la toile par Luc CHOMARAT
Publié par Rivages le 13 avril 2016
Genre: Policier
Pages: 270
Format: Ebook
Lu par : Aurore
two-stars
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Créatif dans la publicité, Thomas se sent étranger au monde digital et ultra-connecté d'aujourd'hui. Considéré comme un "has been", il est sur un siège éjectable lorsqu'une mystérieuse officine entend exploiter son inadaptation à la Toile pour retrouver "l'Inconnu", personnage qui défie l'ordre des choses en vivant totalement en dehors d'Internet, et qui paradoxalement a des millions de fans.

Bien que ce livre soit classé dans la catégorie policier et qu’en plus il ait gagné, en 2016, le grand prix de la littérature policière, j’ai beaucoup de mal à l’envisager comme un polar.

En effet, nous avons un inspecteur, mais qui n’est pas au centre de l’intrigue, et un mystère dont personne n’a réellement envie de connaître le fin mot. L’enquête sur l’Inconnu s’enlise rapidement et passe au second plan, laissant en avant Thomas et ses problèmes conjugaux et professionnels.

L’histoire n’en reste pas moins intéressante dans la mesure où on l’envisage sous un angle différent, au second degré.

Des personnes qui n’ont pas de smartphone, de compte Facebook ou Twitter, j’en connais pas mal, l’intrigue n’est donc pas très réaliste. Mais cela met en avant la protection de la vie privée dans notre ère numérique.

Tout le monde est fiché quelque part et par conséquent, est surveillé. Un individu qui n’entre pas dans ce système est donc hors de contrôle et constitue un danger potentiel pour les gouvernements. Toute l’histoire tourne autour de cette réflexion.

J’ai aussi apprécié l’analyse contradictoire qui en sort. L’auteur créé le mouvement « Off », découlant de cet Inconnu, qui prône la déconnexion. Mais ce mouvement ne peut pas se développer car le principe de base exclut la communication à grande échelle. Je pense d’ailleurs que l’auteur aurait pu aller plus loin dans son idée du danger de la dématérialisation systématique, des informations circulant sur les réseaux sociaux, de la « mise au rebut » de toutes les personnes qui n’acceptent pas d’évoluer aussi vite que la technologie.

Je reprendrais une citation de Charles Darwin : « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. » L’auteur illustre bien cette citation avec l’agence de publicité qui a peur d’un suicide à chaque licenciement.

La mise en forme de ce débat reste malheureusement très superficielle. Les personnages sont fades et pas très attachants. Il est difficile d’aimer un personnage qui veut sauver son couple en trompant sa femme froidement. J’ai eu la sensation que personne dans ce livre n’avait de réels sentiments.

Par curiosité, j’aimerais connaître les arguments qui ont poussé un jury à donner un prix à ce livre, je suis peut-être passée à côté de quelque chose.

J’attribue donc 2 étoiles à ce roman : une pour l’histoire, ou du moins l’idée de départ et une pour le style, car la lecture reste agréable.

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