Archives de tags | famille

Camille mon envolée de Sophie Daull : un crève-coeur

Camille mon envolée de Sophie Daull : un crève-coeurCamille, mon envolée par Sophie Daull
Publié par Le livre de poche le 24 août 2016
Genre: Autobiographie
Pages: 192
Format: Ebook
Lu par : Mélanie
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Présentation de l'éditeur :
Camille, 16 ans, a été emportée en quatre jours par une fièvre foudroyante. Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille, Sophie Daull a commencé à écrire. Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité ; l'après, le vide, l'organisation des adieux, les ados qu'il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent. Écrire pour rester debout, vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l'enfant disparue, endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.
Loin de l'épanchement d'une mère endeuillée, Camille, mon envolée est le récit d'une résistance à l'insupportable, où l'agencement des mots tient lieu de programme de survie.

Pfiou, quel livre !

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en le recevant. Le titre et la couverture ne me disait trop rien. Continuer la lecture

La demesure de Céline Raphaël : La famille a bon do

La demesure de Céline Raphaël : La famille a bon doLa démesure par Céline Raphaël
Publié par J'ai lu le 3 juin 2015
Genre: Autobiographie
Pages: 240
Format: Ebook
Lu par : Mélanie
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Pour Céline Raphaël, la musique fut une torture. De 3 à 14 ans, elle dut s'arrimer à son piano, proie d'un père qui voulait faire d'elle un petit Mozart. Très vite, la torture morale et physique s'abat sur la petite fille. Jusqu'au moment ou une infirmière découvre la maltraitance. Devenue médecin, la jeune femme raconte sa terrible histoire dans "La démesure".

Dès l’introduction, l’auteur nous donne le ton. Battue et humiliée par son père alors qu’elle n’est encore qu’une enfant. Les mots assassins lancés par son père ce jour-là résonnent toujours dans sa tête. Continuer la lecture

Quatorze mois de Carine Russo : une attente monstrueuse

Quatorze mois de Carine Russo : une attente monstrueuseQuatorze mois par Carine Russo
Publié par La renaissance du livre le 17 août 2016
Genre: Litterature française, Litterature francophone
Pages: 246
Format: Ebook
Lu par : Laetitia
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Julie et Mélissa ont été enlevées le 24 juin 1995. Ce n'est que quatorze mois plus tard, le 17 août 1996, que les corps sans vie des petites filles seront retrouvés. Un épisode qui fera date dans les annales judiciaires belges. Une date qui est gravée dans toutes les mémoires. Dans cet ouvrage, pour la première fois et sur un ton très juste, Carine Russo, la maman de Mélissa, s'exprime longuement sur son ressenti, ses émotions, son combat durant ces quatorze mois et sa détermination sans faille à retrouver les fillettes. Un récit bouleversant, profond, sans langue de bois.

Quatorze mois.
Titre qui a éveillé ma curiosité… 14 mois de quoi ? lecture du résumé… Ok on s’engage dans tout sauf une lecture légère… Aborder cette  » affaire » quel vilain terme, plutôt ce tremblement de terre qui a forcé à ouvrir les yeux sur le pire dont l’être humain est capable Continuer la lecture

Petit pays de Gael Faye : quelque chose qui fait mal

Petit pays de Gael Faye : quelque chose qui fait malPetit Pays par Gael Faye
Publié par Grasset le 24/08/2016
Genre: Litterature française
Pages: 224
Format: Ebook
Lu par : Ciena
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Présentation de l'auteur :

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

J’ai eu une enfance particulièrement désastreuse, aussi, lorsque j’avais l’âge de Gaby dans « Petit pays », étant déjà fanatique de lecture, je dévorais tout particulièrement les livres parlant de l’enfance des autres.

La référence absolue pour moi de l’enfance heureuse a toujours été « la Gloire de mon Père » de Marcel Pagnol et à plus d’un titre « Petit Pays » me fait penser à cette œuvre pas seulement parce qu’il s’agit d’un récit d’enfance mais, surtout, à cause de la douceur, de l’émotion et de l’amour des personnages que l’ont sent dans l’écriture de Gael Faye.

Pour autant, hélas, l’histoire de « Petit Pays » n’est pas aussi joyeuse que l’était celle de Pagnol, et pour cause, derrière les anecdotes amusantes et émouvantes sur son enfance se profilent rapidement les drames et souffrances connues par ce jeune enfant et son entourage malmenés par la pauvreté, la guerre, le racisme et l’exil.

Pourtant malgré tout ça Gaby tente de toutes ses forces de garder sa pureté ce qui rend les évènements d’autant plus déchirants qu’ils sont écrits du point de vue d’un enfant de dix ans.

Bien que Gaël Faye essaie par tous les moyens dans son écriture de ne stigmatiser réellement personne et de garder la distance qui fait l’élégance de ce roman, malgré le sujet grave, c’est justement cette distance qui a fait que moi, occidentale, me suis sentie particulièrement coupable, par procuration, des évènements et des comportements de mes contemporains pendant cette période.

Pour résumer, « Petit pays » est un livre à lire. Voire même, comme Pagnol, à faire lire aux écoliers chanceux qui vivent dans notre pays et mérite, largement son prix FNAC.

Je mets sans hésiter une étoile pour l’écriture, une étoile pour les personnages, une étoile pour l’histoire et une étoile pour la recommandation.

Par contre je ne mettrais pas d’étoile pour la couverture que je trouve totalement sans rapport avec le roman. Il aurait mérité largement mieux comme présentation.

Meursault contre-enquête de Kamel Daoud : Il aurait pu fermer le cercle, dommage…

Meursault contre-enquête  de Kamel Daoud : Il aurait pu fermer le cercle, dommage…Meursault Contre-Enquête par Kamel Daoud
Publié par Acte Sud le 4 mai 2016
Pages: 152
Format: Livre papier
Lu par : Sandra de Bibliblog.net
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Présentation de l'éditeur

Il est le frère de "l'Arabe" tué par un certain Meursault dont le crime est relaté dans un célèbre roman du XXe siècle. Soixante-dix ans après les faits, Haroun redonne un nom et une histoire à Moussa, mort par hasard sur une plage d'Alger trop ensoleillée. Soir après soir, dans un bar d'Oran, le vieillard rumine sa solitude, sa colère contre les hommes qui ont tant besoin d'un dieu, son désarroi face à un pays qui l'a déçu. Etranger parmi les siens, rage et frustration inentamées, il voudrait clore cette histoire et mourir enfin. Hommage en forme de contrepoint rendu à L'Etranger d'Albert Camus, Meursault, contre-enquête joue vertigineusement des doubles et des faux-semblants pour évoquer la question de l'identité et des héritages qui conditionnent le présent.

Par honnêteté et pour garder ma liberté de critique je ne lis jamais les chroniques des autres blogs avant d’avoir écrit la mienne et, en règle général je ne le fais pas non plus après sauf quand je suis déçue par un livre histoire de …

Pour celui-ci le souci était que bien que j’ai relativement apprécié ce livre, quelque chose me gênait, une forme d’inaccompli qui me laissait un goût amer sans que j’arrive à mettre le doigt dessus

Il s’avère qu’en allant lire les blogs de passionnés de littérature comme moi, je suis tombées sur la critique de Sandra qui est tombée pile dessus.

J’ai donc contacté Sandra pour l’inviter à publier sa critique sur mon blog. Je vous invite à la contacter sur bibliblog.net pour plus de détails.

La note mise à ce livre sera donc la même que celle de l’auteur de cette critique.

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Comme j’avais beaucoup aimé L’Étranger de Camus, lorsque le roman de Daoud était sorti, je m’étais promis de le lire un jour. Le temps a passé et j’ai profité des vacances pour l’acheter. J’avoue que j’ai eu un peu de mal à lire ce roman. Le récit est mené à la première personne. Le narrateur, c’est Haroun, le frère de l’Arabe tué par Meursault. Il est âgé et s’adresse à un interlocuteur qui n’intervient à aucun moment. Je trouvais intéressant de se positionner du côté de la victime, de décaler le point de vue. Le narrateur raconte comment il a été marqué par le meurtre de son frère sur la plage.

En effet, leur mère M’ma ne s’est jamais remise de la perte de son enfant et a enfermé son deuxième fils dans le deuil, la mort, la culpabilité d’être vivant alors que son frère était mort. Le roman aborde donc la difficile relation mère-fils après une telle tragédie. Le personnage de la mère, du point de vue du fils, est sans concession et malgré tout mêlé de tendresse :

« Elle mentait non par volonté de tromper, mais pour corriger le réel et atténuer l’absurde qui frappait son monde et le mien. »

Mais cette relation l’étouffe et l’empêche de vivre pleinement, d’être heureux.

J’ai trouvé la structure du récit intéressante : on navigue au gré des souvenirs et des réflexions du narrateur, dans un mélange qui n’est donc pas chronologique. J’ai trouvé que des éléments se répétaient parfois un peu trop à mon goût, pour bien marteler ce qui est important aux yeux du narrateur. Celui-ci veut surtout donner une identité à son frère tué sur la plage en plein soleil, dont le corps n’a jamais été retrouvé : il s’appelait Moussa parfois surnommé Zoudj, avait un nom, une famille, existait aux yeux des autres alors que Camus a effacé cette identité en ne l’appelant que « l’Arabe » et en n’indiquant jamais les conséquences au sein de la famille de la victime.

« Mon frère Zoudj, lui, est discrètement retiré de la scène et entreposé je ne sais où. Ni vu ni connu, seulement tué. À croire que son corps a été caché par Dieu en personne ! Aucune trace dans les procès-verbaux des commissariats, lors du procès, dans le livre ou dans les cimetières. Rien. Parfois, je vais plus loin dans mes délires, je m’égare davantage. Peut-être est-ce moi, Caïn, qui ai tué mon frère ! J’ai tant de fois souhaité tuer Moussa après sa mort, pour me débarrasser de son cadavre, pour retrouver la tendresse perdue de M’ma, pour récupérer mon corps et mes sens, pour… »

Pour éviter de dévoiler la suite du roman, je dirais simplement d’autre part que le narrateur s’inscrit dans la ligne de Meursault et agit dans ce roman comme en miroir par rapport au héros de Camus. Il pose ainsi la question de la légitimité du meurtre en temps de paix et en temps de guerre, ce que j’ai trouvé intéressant.

Toutefois, même si les actions des deux héros sont symétriques, Haroun ne ressemble pas à Meursault : nous ne retrouvons pas cette froideur, cette indifférence qui font son étrangeté et sa particularité. Cela se voit à l’écriture elle-même, véritable dialogue à sens unique avec un interlocuteur muet mais pris en compte. C’est aussi et surtout souligné par la relation du narrateur aux femmes, à sa mère pour laquelle il éprouve de véritables sentiments complexes et contradictoires, et surtout à Meriem dont il tombe amoureux :

« Il a bien fallu que je me redresse et que je la regarde enfin. Et je l’ai vue, cette petite femme frêle aux yeux vert sombre, soleil candide et incandescent. Sa beauté me fit mal au cœur. J’ai senti ma poitrine se creuser. Jusque-là, je n’avais jamais regardé une femme comme une possibilité de la vie. J’avais trop à faire à m’extraire du ventre de M’ma, à enterrer des morts et à tuer des fuyards. Tu vois un peu. On vivait en reclus, je m’y étais habitué. […] lorsque je l’ai aperçue dans le bus d’Alger, j’ai senti un trou dans mon cœur. Déjà sa présence ne suffisait pas à combler ce qui se creusait en moi. »

C’est donc un roman intéressant et original à lire après l’Étranger de Camus dont il est le contrepoint.

Après le silence de Didier CASTINO : Un conflit psychologique entre père et fils

Après le silence de Didier CASTINO : Un conflit psychologique entre père et filsAprès le silence par Didier CASTINO
Publié par Liana Levi le 20/08/2015
Genre: Litterature française, Litterature francophone
Pages: 221
Format: Livre papier
Lu par : Ciena
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Dans un monologue adressé au plus jeune de ses trois fils, Louis Catella se raconte. L'usine d'abord, omniprésente : les Fonderies et Aciéries du Midi où il entre à 16 ans, s'épuise dans la fournaise des pièces à produire, mène la lutte syndicale en 68 pour que triomphent les idéaux de la Gauche. Le chef de famille charismatique ensuite : l'amour de Rose, la 2 CV bleu glacier sur la route des vacances, l'éducation des fils, les cours d'orthographe à 40 ans pour passer enfin le certificat d'études... Mais l'autobiographie qui se met en place est pipée. En juillet 74, Louis Catella meurt au travail, écrasé sous un moule de plusieurs tonnes. Et pourtant le monologue impossible se poursuit, retraçant les étapes du deuil infini, le passage à l'âge adulte de ce fils qui n'avait que 7 ans au moment du drame. Pour lui, la figure paternelle est une mythologie façonnée par les souvenirs et les mots des autres, une rengaine unanimement élogieuse que l'on ressasse pour tromper le silence. Derrière la parole de Louis, apparaît peu à peu l'imposture du fils et un autre parcours. Celui d'un intellectuel plutôt bourgeois, cherchant la vérité, tiraillé entre le désir d'échapper à l'encombrant fantôme paternel et la peur de trahir. Ce roman bouleversant, composé dans une langue virtuose et entêtante, associe la chronique de la France ouvrière des années 60-70 et le récit intime de l'absence, de la mauvaise conscience, la fierté et la honte mêlées des origines prolétaires.

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Je viens du monde ouvrier. J’aurais dû aimé et bien non, pas du tout. Continuer la lecture