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Meursault contre-enquête de Kamel Daoud : Il aurait pu fermer le cercle, dommage…

Meursault contre-enquête  de Kamel Daoud : Il aurait pu fermer le cercle, dommage…Meursault Contre-Enquête par Kamel Daoud
Publié par Acte Sud le 4 mai 2016
Pages: 152
Format: Livre papier
Lu par : Sandra de Bibliblog.net
three-stars
Amazon

Présentation de l'éditeur

Il est le frère de "l'Arabe" tué par un certain Meursault dont le crime est relaté dans un célèbre roman du XXe siècle. Soixante-dix ans après les faits, Haroun redonne un nom et une histoire à Moussa, mort par hasard sur une plage d'Alger trop ensoleillée. Soir après soir, dans un bar d'Oran, le vieillard rumine sa solitude, sa colère contre les hommes qui ont tant besoin d'un dieu, son désarroi face à un pays qui l'a déçu. Etranger parmi les siens, rage et frustration inentamées, il voudrait clore cette histoire et mourir enfin. Hommage en forme de contrepoint rendu à L'Etranger d'Albert Camus, Meursault, contre-enquête joue vertigineusement des doubles et des faux-semblants pour évoquer la question de l'identité et des héritages qui conditionnent le présent.

Par honnêteté et pour garder ma liberté de critique je ne lis jamais les chroniques des autres blogs avant d’avoir écrit la mienne et, en règle général je ne le fais pas non plus après sauf quand je suis déçue par un livre histoire de …

Pour celui-ci le souci était que bien que j’ai relativement apprécié ce livre, quelque chose me gênait, une forme d’inaccompli qui me laissait un goût amer sans que j’arrive à mettre le doigt dessus

Il s’avère qu’en allant lire les blogs de passionnés de littérature comme moi, je suis tombées sur la critique de Sandra qui est tombée pile dessus.

J’ai donc contacté Sandra pour l’inviter à publier sa critique sur mon blog. Je vous invite à la contacter sur bibliblog.net pour plus de détails.

La note mise à ce livre sera donc la même que celle de l’auteur de cette critique.

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Comme j’avais beaucoup aimé L’Étranger de Camus, lorsque le roman de Daoud était sorti, je m’étais promis de le lire un jour. Le temps a passé et j’ai profité des vacances pour l’acheter. J’avoue que j’ai eu un peu de mal à lire ce roman. Le récit est mené à la première personne. Le narrateur, c’est Haroun, le frère de l’Arabe tué par Meursault. Il est âgé et s’adresse à un interlocuteur qui n’intervient à aucun moment. Je trouvais intéressant de se positionner du côté de la victime, de décaler le point de vue. Le narrateur raconte comment il a été marqué par le meurtre de son frère sur la plage.

En effet, leur mère M’ma ne s’est jamais remise de la perte de son enfant et a enfermé son deuxième fils dans le deuil, la mort, la culpabilité d’être vivant alors que son frère était mort. Le roman aborde donc la difficile relation mère-fils après une telle tragédie. Le personnage de la mère, du point de vue du fils, est sans concession et malgré tout mêlé de tendresse :

« Elle mentait non par volonté de tromper, mais pour corriger le réel et atténuer l’absurde qui frappait son monde et le mien. »

Mais cette relation l’étouffe et l’empêche de vivre pleinement, d’être heureux.

J’ai trouvé la structure du récit intéressante : on navigue au gré des souvenirs et des réflexions du narrateur, dans un mélange qui n’est donc pas chronologique. J’ai trouvé que des éléments se répétaient parfois un peu trop à mon goût, pour bien marteler ce qui est important aux yeux du narrateur. Celui-ci veut surtout donner une identité à son frère tué sur la plage en plein soleil, dont le corps n’a jamais été retrouvé : il s’appelait Moussa parfois surnommé Zoudj, avait un nom, une famille, existait aux yeux des autres alors que Camus a effacé cette identité en ne l’appelant que « l’Arabe » et en n’indiquant jamais les conséquences au sein de la famille de la victime.

« Mon frère Zoudj, lui, est discrètement retiré de la scène et entreposé je ne sais où. Ni vu ni connu, seulement tué. À croire que son corps a été caché par Dieu en personne ! Aucune trace dans les procès-verbaux des commissariats, lors du procès, dans le livre ou dans les cimetières. Rien. Parfois, je vais plus loin dans mes délires, je m’égare davantage. Peut-être est-ce moi, Caïn, qui ai tué mon frère ! J’ai tant de fois souhaité tuer Moussa après sa mort, pour me débarrasser de son cadavre, pour retrouver la tendresse perdue de M’ma, pour récupérer mon corps et mes sens, pour… »

Pour éviter de dévoiler la suite du roman, je dirais simplement d’autre part que le narrateur s’inscrit dans la ligne de Meursault et agit dans ce roman comme en miroir par rapport au héros de Camus. Il pose ainsi la question de la légitimité du meurtre en temps de paix et en temps de guerre, ce que j’ai trouvé intéressant.

Toutefois, même si les actions des deux héros sont symétriques, Haroun ne ressemble pas à Meursault : nous ne retrouvons pas cette froideur, cette indifférence qui font son étrangeté et sa particularité. Cela se voit à l’écriture elle-même, véritable dialogue à sens unique avec un interlocuteur muet mais pris en compte. C’est aussi et surtout souligné par la relation du narrateur aux femmes, à sa mère pour laquelle il éprouve de véritables sentiments complexes et contradictoires, et surtout à Meriem dont il tombe amoureux :

« Il a bien fallu que je me redresse et que je la regarde enfin. Et je l’ai vue, cette petite femme frêle aux yeux vert sombre, soleil candide et incandescent. Sa beauté me fit mal au cœur. J’ai senti ma poitrine se creuser. Jusque-là, je n’avais jamais regardé une femme comme une possibilité de la vie. J’avais trop à faire à m’extraire du ventre de M’ma, à enterrer des morts et à tuer des fuyards. Tu vois un peu. On vivait en reclus, je m’y étais habitué. […] lorsque je l’ai aperçue dans le bus d’Alger, j’ai senti un trou dans mon cœur. Déjà sa présence ne suffisait pas à combler ce qui se creusait en moi. »

C’est donc un roman intéressant et original à lire après l’Étranger de Camus dont il est le contrepoint.

Le serment du passeur de Fréderic Clementz : Un grand vertige et LE coup de coeur de ce mois-ci

Le serment du passeur de Fréderic Clementz : Un grand vertige et LE coup de coeur de ce mois-ciLe serment du passeur le 2016
Genre: Suspense
Pages: 206
Format: Ebook
Lu par : Ciena
five-stars
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Présentation de l'éditeur

*** Le Serment du Passeur, élu lauréat au Salon Livre Paris 2016 par le jury Amazon-Kindle ***

Parfois, les bourreaux aussi croient faire le bien.

Antoine Drévaille n'oubliera jamais. Dévasté à quinze ans par une agression d'une violence inouïe, il décide, 19 ans plus tard, d'adresser une longue lettre à son tortionnaire.
Une confession hallucinante pour se désencombrer enfin de cette humiliation qui a souillé sa vie.

Mais le passé ne rend pas les armes aussi facilement.
Un lourd secret révélé un matin d'hiver dans les somptueuses calanques de Cassis va de nouveau bouleverser la vie d'Antoine.

À partir de cette seconde vertigineuse face aux vagues hurlantes, cet homme marqué au fer rouge et soudain « ébloui de l'intérieur » va faire de sa nouvelle vie un combat sidérant contre les coups de poignard du destin :
le sien et celui de ceux qu'il aime, qui sont à genoux et n'ont plus la force de se battre.

Mais n'y a-t-il pas derrière le secret dévoilé dans les calanques un piège abyssal, une illusion et le début d'un nouvel enfer ?
Peut-être. Ou peut-être pas.
Ce qui est sûr, c'est que l'histoire d'Antoine Drévaille va loin. Très loin. Jusqu'à l'impensable.
La voici.

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Alors que le coup de coeur du mois de juillet était « Auriane » de Cecile KOPPEL ( l’interview aurait lieu en septembre), celui de mois-ci est incontestablement « Le serment du passeur ».

Je vais être, comme je le suis toujours, totalement honnête : je suis tombée sur ce livre par hasard en cherchant de nouveaux auteurs sur Amazon et en fait à la base c’était même un défi. Continuer la lecture

A mains nues de Paola Barbato : A lire à vos risques et péril

Ce livre pourrait ne pas être adapté à un jeune public compte tenu de l'usage de contenu à caractère sexuel, usage de drogue et d'alcool et/ou de violence.
A mains nues de Paola Barbato : A lire à vos risques et périlA mains nues de Paola Barbato par Paola Barbato
Publié par J'ai lu le 3 février 2016
Genre: Policier
Pages: 560
Format: Ebook
Lu par : Ciena
three-stars
Amazon

A mains nues Davide a connu une enfance choyée, heureuse et sans histoires. Un soir, lors d'une fête, il est kidnappé et enfermé à l'arrière d'un camion. Tapi dans le noir, un inconnu lui saute dessus et tente de le massacrer. Terrorisé, Davide agit par réflexe et tue son adversaire. Il est alors conduit dans une cave, où il rejoint d'autres prisonniers. Comme lui, ils sont là pour s'entraîner à combattre et intégrer un jour l'élite des assassins. Un seul moyen pour survivre : tuer. Il remporte chacun de ses combats. Un jour, il décide de s'enfuir, mais on ne quitte pas l'organisation...

Contrairement à ce que l’on peut penser, faire la critique d’un livre peut mettre dans une position très délicate.

Si le livre est plaisant, pas de problème. Si le livre ne plaît pas on peut éviter d’en faire la critique, en discuter avec l’éditeur ou l’auteur, rédiger ce que j’appelle un LNF (livre non fini) qui est une sorte de court résumé de ce qui n’a pas plu et du coup le livre n’est pas noté ou décider qu’on dit bien que ce qu’on a envie de dire et faire la critique au risque de s’attirer les foudres de lecteurs, éditeurs et auteurs mécontents.

En général j’opte pour la dernière solution.

Mais que faire quand vous vous retrouvez face à un livre qui est magistralement écrit, une histoire à couper le souffle mais au final un livre dont VOUS SAVEZ qu’il fera beaucoup plus de mal au lecteur que de bien une fois qu’il sera lu ? Continuer la lecture