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La carte du souvenir et de l’espoir de Jennifer Zaynab Joukhadar : voyage parallèle

La carte du souvenir et de l’espoir de Jennifer Zaynab Joukhadar : voyage parallèleLa carte du souvenir et de l'espoir par Jennifer Zeynab Joukhadar
Publié par Les escales éditions le 18 octobre 2018
Genre: Litterature étrangère
Pages: 400
Format: Livre papier
Lu par : Aurore
five-stars
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Dans la lignée des Cerfs-volants de Kaboul, le destin d'une famille en quête de paix et de liberté entrelacé à celui des flamboyants cartographes du XIIe siècle. Une épopée bouleversante.
Été 2011. Lorsque le père de Nour est emporté par un cancer, sa mère décide qu'il est temps pour elle et ses filles de quitter New York et de rejoindre leur famille en Syrie. Heureusement, Nour a trouvé un moyen de rester toujours près de son père : au pied du figuier, dans son jardin de Homs, elle murmure les mots de leur conte préféré, dans l'espoir qu'ils parviennent jusqu'à l'endroit où il est enterré. Cette histoire qu'elle ne cesse de se répéter, c'est celle de Rawiya, une jeune fille du XIIe siècle qui se travestit pour devenir l'apprenti du plus illustre cartographe médiéval, al-Idrisi.
Mais bientôt, la guerre éclate en Syrie et les bombes pleuvent sur Homs. Pour Nour et sa famille, un choix s'impose : rester affronter la violence ou s'enfuir et traverser les sept mêmes pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord qu'ont sillonnés, neuf cents ans plus tôt, les cartographes que Nour admire tant. Et c'est dans la merveilleuse histoire de Rawiya que Nour va puiser force et courage.
La Carte du souvenir et de l'espoir est un roman d'une beauté à couper le souffle qui illumine l'histoire d'un pays dans la tourmente ; un conte sur la résilience humaine et la puissance des récits.

Un mot de l'auteur
Jennifer Zeynab Joukhadar est une auteure américano-syrienne. Elle a été chercheuse scientifique avant de changer de carrière et de se consacrer exclusivement à l'écriture. Ses nouvelles ont été remarquées par la critique. La Carte du souvenir et de l'espoir est son premier roman.

NDLR : Compte tenu du sujet du livre et ne voulant pas être partiale par « émotivité », j’en ai transmis la lecture à Aurore. Il faut être honnête, pour quelqu’un qui n’est pas familier avec le sujet, la critique de ce livre peut être ardue. Je trouve qu’elle s’en est bien sortie. Et vous ? 

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Des événements personnels m’ont obligés à lire ce livre lentement, par petites touches. Ce n’est pas mon habitude mais pour ce cas particulier ce ne fut pas une mauvaise chose. Je présente d’ailleurs mes excuses à l’éditeur pour avoir mis autant de temps à le lire et à écrire ma petite chronique.

En effet, la lenteur de ma lecture m’a permis d’apprécier toute la poésie et toute la tristesse du récit, de ce témoignage/fiction, qui aurait pu être vrai et qui l’a certainement été en partie pour d’autres victimes de cette guerre ou d’une autre.

La première chose qui m’a frappée à la réception de ce livre, c’est la couverture. Le choix de la représentation d’une carte ancienne, aux couleurs sobres et chargées de détails, est une réussite. C’est tout à fait le genre de couverture qui aurait pu m’attirer dans une librairie.

Le style alterne l’histoire de Nour en 2011, chassée de la Syrie lorsqu’une bombe réduit sa maison en cendres, et l’histoire de Rawiya qui a voyagé dans les mêmes pays au XIIème siècle. On suit leurs périples en parallèle, leurs malheurs mais aussi leurs petits bonheurs, ou du moins, leurs raisons de vivre et de s’accrocher. J’ai toujours eu un petit faible pour ce style de récit, avec 2 époques en parallèle. Ici, le lien entre les 2 n’est pas toujours évident, mais il reste bien maîtrisé. Mon intérêt s’est quand même beaucoup plus porté sur l’histoire de Nour, peut-être parce qu’elle une résonance beaucoup plus d’actualité et que ça m’a plus touché.

Pour les mêmes raisons, du côté de l’histoire et des personnages, je me suis beaucoup plus rapprochée de Nour que de Rawiya. Du côté de Rawiya, j’ai souvent confondu les personnages, ce qui entraîne aussi une compréhension de l’histoire plus compliquée. Pour Nour, j’ai mis un certain temps quand même à repérer tous les personnages, mais une fois que ce fut bien installé dans mon cerveau, je me suis totalement laissée embarquer dans son voyage forcé. J’avoue aussi qu’il y a toujours cette barrière culturelle que j’essaie de passer quand je le peux, pour m’adapter aux consonances arabes (j’ai le même problème avec les polars suédois…)

En résumé, malgré quelques petits défauts sans importance, je lui offre avec quand plaisir les 5 étoiles, en grande partie parce que l’auteure a réussi à m’émouvoir du début à la fin. Je garde ce livre précieusement et le relirai plus tard, cette fois d’une seule traite, car je pense avoir loupé beaucoup de subtilités.

Le temps d’une île de Thierry Clech : l’humanité au fil de l’eau

Le temps d’une île de Thierry Clech : l’humanité au fil de l’eauLe temps d'une île par Thierry Clech
Publié par Ateliers Henri Dougier le 6/09/18
Genre: Litterature française
Pages: 132
Format: Livre papier
Lu par : Ciena
four-stars
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Face à cette île, les années passent, les personnages défilent. Thierry Clech a imaginé des fragments de vies, de l'âge de pierre jusqu'au siècle futur, offrant ainsi une surprenante histoire de l'humanité avec pour seul point commun ce paysage foulé.
" Je devinais dans la nuit la forme triangulaire d'une île, au centre de la baie, dont la masse obscure se détachait à peine des lueurs astrales du ciel. Cette île m'intriguait... "

Qui, à travers le temps, a contemplé cette île à l'horizon ? Qui, il y a un siècle, 300 ans ou plus d'un millénaire a arpenté cette côte, a foulé cette plage ? Des anonymes, des personnages célèbres ? Qui y est né, qui y est mort ? Dans quelles circonstances ?
Des hommes s'y sont entretués et des couples s'y sont embrassés. Certains y ont laissé des regrets. D'autres ont pu y infléchir leur destin.

Il y a de nombreuses années j’étais tombée, par hasard, sur un livre un peu étrange écrit par Julien Greene et qui s’appelait « Varouna ». C’était un recueil de nouvelles avec pour seul lien une amulette qui, une fois trouvée, changeait le destin des gens, en général pour le pire. Continuer la lecture

Petit pays de Gael Faye : quelque chose qui fait mal

Petit pays de Gael Faye : quelque chose qui fait malPetit Pays par Gael Faye
Publié par Grasset le 24/08/2016
Genre: Litterature française
Pages: 224
Format: Ebook
Lu par : Ciena
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Présentation de l'auteur :

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

J’ai eu une enfance particulièrement désastreuse, aussi, lorsque j’avais l’âge de Gaby dans « Petit pays », étant déjà fanatique de lecture, je dévorais tout particulièrement les livres parlant de l’enfance des autres.

La référence absolue pour moi de l’enfance heureuse a toujours été « la Gloire de mon Père » de Marcel Pagnol et à plus d’un titre « Petit Pays » me fait penser à cette œuvre pas seulement parce qu’il s’agit d’un récit d’enfance mais, surtout, à cause de la douceur, de l’émotion et de l’amour des personnages que l’ont sent dans l’écriture de Gael Faye.

Pour autant, hélas, l’histoire de « Petit Pays » n’est pas aussi joyeuse que l’était celle de Pagnol, et pour cause, derrière les anecdotes amusantes et émouvantes sur son enfance se profilent rapidement les drames et souffrances connues par ce jeune enfant et son entourage malmenés par la pauvreté, la guerre, le racisme et l’exil.

Pourtant malgré tout ça Gaby tente de toutes ses forces de garder sa pureté ce qui rend les évènements d’autant plus déchirants qu’ils sont écrits du point de vue d’un enfant de dix ans.

Bien que Gaël Faye essaie par tous les moyens dans son écriture de ne stigmatiser réellement personne et de garder la distance qui fait l’élégance de ce roman, malgré le sujet grave, c’est justement cette distance qui a fait que moi, occidentale, me suis sentie particulièrement coupable, par procuration, des évènements et des comportements de mes contemporains pendant cette période.

Pour résumer, « Petit pays » est un livre à lire. Voire même, comme Pagnol, à faire lire aux écoliers chanceux qui vivent dans notre pays et mérite, largement son prix FNAC.

Je mets sans hésiter une étoile pour l’écriture, une étoile pour les personnages, une étoile pour l’histoire et une étoile pour la recommandation.

Par contre je ne mettrais pas d’étoile pour la couverture que je trouve totalement sans rapport avec le roman. Il aurait mérité largement mieux comme présentation.

Le sourire du diable d’Antonia HODGSON – Un livre qui ne paye pas ses dettes

Le sourire du diable d’Antonia HODGSON – Un livre qui ne paye pas ses dettesLe sourire du diable par Antonia Hodgson
Publié par 10/18 le 19 mai 2016
Genre: Roman historique
Pages: 526
Format: Livre papier
Lu par : Ciena
two-stars
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Présentation de l'éditeur
Londres, 1727 : le jeune Tom Hawkins, qui a refusé de devenir révérend comme son père, ne vit que pour le jeu, la bière, les femmes. Criblé de dettes, il est envoyé à Marshalsea, une prison des bords de la Tamise où sont réunis les débiteurs de la ville. Dans cette prison, l'argent décide du sort de chacun. Les plus riches, comme Tom, mènent une vie de château – ou presque – avec lingerie et domestiques. Ils ont même droit à une taverne ! Les autres croupissent dans l'aile insalubre et coupe-gorge de l'établissement. Dans ce monde souterrain impitoyable, Tom Hawkins affronte des personnages plus avides, fourbes et cruels les uns que les autres. Il ne peut faire confiance à personne. Surtout pas à son compagnon de cellule, l'ironique Samuel Fleet, qui incarnerait le diable ! Sa rencontre avec la séduisante Kitty Spark pourrait bien tout changer...

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« Le sourire du diable » a été un petit défi de ma part. En effet, si il s’agit bien de son premier roman, l’auteur Antonia Hodgson est de son métier directrice éditoriale dans une maison d’édition anglaise que je ne nommerai pas mais qui est l’éditeur du dernier Harry Potter.

Donc ma question était la suivante : une personne dont le métier est de dicter la ligne éditoriale d’une maison d’édition est-elle forcément la mieux placée pour pondre un extraordinaire premier roman ? Continuer la lecture